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lles ont beau envahir notre quotidien depuis de nombreuses années, les nouvelles technologies n’ont encore jamais vraiment été utilisées au service de l’éducation institutionnelle. Mais cela pourrait changer bientôt : une nouvelle vague d’utilisation des outils numériques arrive, qui porte une promesse de changement dans les fondamentaux de l’éducation. Harvard, le MIT et l’Université de Berkeley en Californie se sont associés pour créer la plate-forme edX, investissant 60 millions de dollars, en partie financés par la Fondation Bill et Melinda Gates. Et, déjà, plus de 120 collèges et universités veulent rejoindre leurs trois grandes sœurs dans l’aventure.

En réalité, cet engouement n’est pas nouveau : l’e-éducation est déjà un succès outre-Atlantique, à tel point que certaines universités virtuelles ont désormais plus d’étudiants que leurs homologues physiques. C’est le cas en Arizona, où l’Université de Phoenix a attribué près de trois fois plus de diplômes en ligne que l’Université d’Etat n’a décerné de diplômes traditionnels. Bill Gates déplore un certain élitisme du système éducatif : les meilleurs lycéens accèdent aux meilleures universités, où ils seront mieux formés que ceux qui, étant déjà moins bons, auraient le plus besoin d’un enseignement de qualité. Pour en finir avec ce modèle, Bill Gates est partisan de la "classe inversée" : plutôt que d’écouter leur professeur faire son cours en classe, puis les laisser faire leurs devoirs seuls à la maison, les élèves apprendraient leur cours avant la classe, en ligne, auprès des meilleurs professeurs. Et une fois en classe, ils mettraient en pratique leurs savoirs par des ateliers en groupe, sous la houlette de leur professeur "physique". Ainsi, tout le monde pourrait profiter des cours des "professeurs superstars", plutôt que de se battre pour être admis dans l’université qui les accueille et on réserverait aux interactions physiques ce qu’elles apportent de meilleur : l’échange, l’entraînement et la pratique entre pairs.