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Il n’y a rien à dire : au Mapic, Uplace s’est positionné en conquérant.

Le stand du méga complexe à construire au pied du ring à Machelen, à une encablure de Bruxelles dont il s’arrogeait, dans son logo du moins, la localisation, était parfait. Maquette, écrans, touches de rose Magenta du logo, etc. Le tout agrémenté des nombreux outils de la marque Apple, dont il se susurre qu’une des 12 grandes cellules commerciales pourrait devenir son "store" bruxellois.

Au vu des images de ce projet novateur, Apple s’y intégrerait parfaitement. "On n’a pas lancé le projet sur base du site, mais sur base d’une idée", indique Lorin Parys, COO de Uplace qui mêle shopping, cinémas, théâtre, restos, hôtel, spa, bureaux "En matière de retail comme du reste, on veut devenir une ‘expérience’. Avec des événements chaque jour. Des restaurants de tous types et prix (slow food, fast food ). Un niveau réservé aux enseignes de mode plus ‘fashion’. Et une dynamique insufflée aux autres pour qu’elles fassent quelque chose de différent".

Un travail qui sera lourd, car certaines chaînes sortent difficilement de leur concept, mais surtout parce qu’il y en aura beaucoup. Uplace s’étendra sur 81 000 m2, devenant le plus grand du Benelux. Du stand de Uplace, on retiendra aussi la ténacité de l’équipe qui l’occupait. Lorin Parys n’a jamais quitté ni son sourire, ni son énergie, ni son poste.

Ce qui tranchait nettement avec le stand de son plus gros concurrent, Neo, sur le plateau du Heysel, dont le projet de centre commercial court sur 100 000 m2: tristounet et désespérément vide.

Au regard de la force de persuasion de Uplace, on doute un peu de la réussite de Neo. A sa décharge, les choses sont moins avancées. L’heure en est encore à la gestion de l’appel à projets qui a vu 7 équipes internationales s’inscrire et dont 3 à 5 seront mises en concurrence lors d’un dialogue compétitif.

Néanmoins, ledit Uplace, s’il a bien obtenu ses trois permis (urbanisme, environnement et socioéconomique), attend encore un permis voirie.

Relativement accessible de Bruxelles, il ne l’est pas du ring (nouvelle sortie à construire). Or, la viabilité de l’opération en dépend. Car même si c’est au Nord de Bruxelles qu’il manque un shopping center, celui-ci - surtout de la taille de Uplace - ne peut se passer des consommateurs du Sud de la Flandre.

Ce dont le projet Just under the sky (Equilis, groupe Mestdagh) dépend de manière moins criante : il ne fait que 35 570 m2. Et ses composantes sont moins variées. Encore que Dans l’enceinte du site (face au canal et au parc royal, entre le pont van Praet et les locaux du marché matinal), il y aura aussi un pôle événementiel, de l’Horeca, des loisirs, des jardins-potagers

"Les commerces créent des liens sociaux et l’objectif est d’inscrire une communauté autour de Just under the sky". Nom qui, soit dit en passant, devrait changer en quelque chose de plus court.

Ici, on ne parle pas de shopping center, ni de retail park, mais d’un "projet périurbain de commerces et de loisirs", indique Olivier Weets, chargé du projet chez Equilis. "Dont 40% dédiés à l’équipement de la personne et plus de 40% aux sports et loisirs".

Bien qu’ayant été lancé avant Uplace (en 2006, " alors qu’à l’époque personne ne parlait d’un shopping au Nord de Bruxelles "), le projet n’est qu’un rien plus avancé .

Au Mapic, il s’est toutefois manifesté avec plus de retenue et moins de moyens financiers. Non sans chercher aussi activement des enseignes. Décathlon, lui, a fait faux bond en s’installant à Evere. Qu’à cela ne tienne, il y a peut être du potentiel du côté de AS Adventure, de Nature et Découvertes "J’aimerais aussi beaucoup avoir une jardinerie" complète Olivier Weets. Le style est donc bien différent. Mais la concurrence avec Uplace est bien réelle. Par rapport aux consommateurs, mais surtout aux enseignes. Ce n’est pas automatiquement le premier qui l’emportera, même si Just est attendu pour septembre 2015, Uplace pour avril 2016.