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Il se confirme que la faillite de la Sabena pourrait intervenir dès le lundi 5 novembre ou dans le courant de cette semaine cruciale. Vendredi, Anne Spiritus-Dassesse, présidente du tribunal de commerce de Bruxelles, l'a rappelé aux avocats de la Sabena: sans un plan de relance crédible sur la table ce jour-là, elle prononcera la faillite. Mais la messe est en réalité déjà dite car la faillite de Sabena SA - actuellement sous concordat - apparaît aujourd'hui comme une condition indispensable à la création d'une nouvelle compagnie belge.

La semaine prochaine sera mise à profit pour peaufiner le plan de relance dont DAT, la filiale régionale de la Sabena, sera la colonne vertébrale. Un projet qui devra être mené à bien parallèlement et simultanément à la mise en faillite de Sabena SA. La «New Sabena» sera en réalité une «DAT+», comptant une petite septantaine de lignes, la grande majorité sur l'Europe et l'Afrique. Les contacts se poursuivent avec des investisseurs potentiels. Parmi ceux-ci, on retrouve Victor Hasson, patron encore sous le choc de la faillite de City Bird. «Il y effectivement une proposition sur la table qui émane de chez nous en vue d'apporter une réponse aux problèmes de la Sabena et de sauver ce qui peut l'être dans le cadre d'une solution belgo-belge», nous a confirmé Victor Hasson. Du côté des gros calibres du transport aérien, le nom American Airlines est souvent cité.

Le choix du ou des partenaires n'aurait pas encore été arrêté. En tout cas, la Lufthansa, elle, poursuit son offensive à Bruxelles-National. A partir du 28 octobre, la compagnie allemande assurera 4 vols quotidiens entre Bruxelles et Stuttgart. Au total, ce sont 168 vols hebdomadaires qu'assure la Lufthansa de la Belgique vers l'Allemagne.

Quelle sera la facture sociale de la faillite de la Sabena? De sources bien informées, on précise que la faillite entraînera le licenciement collectif de 9 000 personnes. Car la faillite de Sabena SA - qui emploie 7 500 personnes - pourrait entraîner par le fond certaines filiales. Une menace qui plane notamment au-dessus de Sabena Technics qui recherche toujours un repreneur.

Seuls DAT, Sobelair et les hôtels de la Sabena s'en sortiraient sans trop de casse. Environ 3 000 des salariés licenciés pourraient être réengagés dans la nouvelle compagnie à créer: environ 6 000 salariés pourraient donc rester sur la touche. Les syndicats, eux, réclament l'organisation d'un conseil d'entreprise. «Ce n'est pas au secteur privé de payer la facture du drame de la Sabena», soulignait-on vendredi à la Fédération des Entreprises de Belgique (FEB) estimant «impensable» l'idée - actuellement à l'étude - d'une augmentation des cotisations patronales en vue de renflouer le fonds de fermeture.

En ce qui concerne les filiales de la Sabena, il semble qu'on soit proche d'une cession des hôtels tandis que la Sabena Flight Academy- chargée de la formation du personnel volant - susciterait pas mal de convoitises. Mince consolation...

© La Libre Belgique 2001