Entreprise

C’est donc “non”. A l’issue d’une consultation organisée via Internet, les pilotes de Brussels Airlines ont donc voté contre les dernières propositions de la direction visant à améliorer leurs conditions de travail – notamment l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée – et de rémunérations. Résultat final : 58 % des 460 pilotes qui ont participé à cette consultation ont donc voté “contre”, contre 40 % “pour” et 2 % d’abstention.

Climat social toujours tendu

La crise sociale est donc encore loin d’être terminée au sein de la filiale belge de la Lufthansa. On s’en souvient, une double journée de grève, dans le courant du mois de mai, avait cloué au sol les avions de la compagnie, entraînant un coût financier de près de 10 millions d’euros. “Tant sur le plan de l’équilibre entre vie professionnelle-vie privée que sur la question des revalorisations salariales, les propositions de la direction étaient trop faibles. Nous attendons de la direction qu’elle revienne avec de nouvelles propositions”, explique Didier Lebbe, secrétaire permanent de la CNE. “Le fait que l’on soit passé de 92 % de ‘non’aux premières propositions à 58 % ici s’explique sans doute par la proximité des vacances scolaires”, ajoutait-on, en coulisses. Un premier rendrez-vous de conciliation est prévu vendredi de cette semaine. Un second suivra une semaine plus tard.

L’été débute donc dans un climat social toujours très lourd au sein du premier client de l’aéroport de Bruxelles-National. Faut-il dès lors craindre de nouvelles actions de grève en juillet et en août durant une période de très grande affluence ? Visiblement, l’intention des pilotes et des syndicats ne serait pas de mettre de l’huile sur le feu et d’en découdre durant cette période. “Le référendum portait sur les propositions de la direction, pas sur l’opportunité de démarrer de nouvelles grèves”, expliquait-on d’ailleurs hier dans les rangs syndicaux. Tout en rappelant cependant que le préavis de grève court toujours et couvrirait d’éventuelles nouvelles actions sociales.

Le 9 juillet, une date clé

Bref, les pilotes disposeront d’un solide moyen de pression dans les semaines à venir pour infléchir les négociations sociales. D’autant qu’une autre date est à cocher à l’agenda, celle du 9 juillet prochain. Ce jour-là, le CEO d’Eurowings, Thorsten Dirks, sera présent à Bruxelles lors d’un conseil d’entreprise pour expliquer les modalités d’intégration de la compagnie belge au sein de la structure low cost de Lufthansa. Les syndicats attendent de solides éclaircissements sur cette question très sensible.

Du côté de la direction de Brussels Airlines, on expliquait, hier en début de soirée, que “les vols se dérouleront normalement dans les jours à venir et que la situation sociale n’aurait pas d’impact sur les passagers”. “Le résultat de ce référendum est nettement plus équilibré qu’il y a quelques semaines. C’est un pas dans la bonne direction. Nous allons nous mettre rapidement autour de la table et aller plus loin dans les détails des propositions pour trouver une solution”, ajoutait-on au siège de la compagnie belge.

Quelle marge de manœuvre ?

Il reste cependant à savoir de quelle marge de manœuvre disposera réellement la direction de Brussels Airlines pour répondre aux exigences des pilotes. On le sait, la maison-mère Lufthansa, désormais actionnaire à 100 % de la compagnie belge, n’apprécie que très modérément les mouvements sociaux sur le tarmac de Zaventem. Il y a quelques semaines, le grand patron de Lufthansa Carsten Spohr avait fait, depuis le sommet de l’Iata en Australie, une sortie assez musclée. “En cas de nouvelles grèves chez Brussels Airlines, il y aura moins d’avions”, avait-il dit en substance. Une sortie qui avait crispé côté belge, notamment Etienne Davignon, président du conseil d’administration de Brussels Airlines.

Syndicats, pilotes et direction se retrouveront donc dès ce vendredi. Avec l’objectif de créer enfin les contours d’une sortie de crise durable. En cas d’accord, un nouveau référendum devrait avoir lieu.