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Les juges parisiens Serge Tournaire et Aude Buresi ont demandé à Vincent Bolloré de s’expliquer sur ses agissements en Afrique. Ceux-ci soupçonnent, comme le révèle le magazine Challenges, que les dirigeants du groupe Bolloré aient financé, à travers la filiale spécialisée dans la communication Havas, des campagnes pour favoriser l’accès au pouvoir de dirigeants africains.

Le but de l’opération ? Obtenir en échange de ces financements des concessions portuaires. Les pays concernés sont la Guinée et le Togo.

Le président Guinéen, Alpha Condé, a remporté les élections en novembre 2010 alors qu’il était conseillé par Havas.

Peu de temps après, il a éjecté de force le concessionnaire du port de Conakry, Nécotrans. Concession qui est revenue entre les mains de Bolloré directement après. Même problématique pour le président togolais Faure Gnassimbé et la gestion d’un terminal à conteneurs à Lomé, après son élection en 2010.

Vincent Bolloré, déjà présent dans d’autres dossiers africains, voit donc, comme le rappelle Challenges, les ennuis s’accumuler presque aussi rapidement que ses bénéfices sur le continent.


Bolloré réclame 50 millions à France 2

Concernant les méthodes de Vincent Bolloré en Afrique, France 2 a eu l'occasion de se pencher sur le sujet. À ses risques et périls, puisque le PDG du groupe a tenté de faire pression sur la chaîne publique en demandant fin mars 50 millions d'euros pour préjudice moral et préjudice commercial après la diffusion d'un reportage sur les pratiques du groupe en Afrique. Un reportage qui a pourtant valu le prix Albert Londres au journaliste qui en est à l'origine, Tristan Walleckx.