Entreprise "La Libre Entreprise" vous propose cinq scénarios pour l’année qui vient. Pour rappel, CECI EST UNE FICTION.

La semaine dernière, "La Libre Entreprise" revenait sur les grands événements de 2016. Une année qui a réservé son lot de surprises. Ne pensons qu’au vote des Britanniques sur le Brexit et à la victoire de Donald Trump à la présidentielle américaine.

L’avenir est par essence difficilement prévisible. Mais cette semaine, nous nous sommes livrés à un exercice périlleux, celui de la prospective économique en tentant de dresser les contours de cinq scénarios qui pourraient se concrétiser en 2017. Soyons clairs, il s’agit ici d’une fiction pure et non de "scoops" basés sur des informations obtenues par la "La Libre" auprès de quelques sources bien informées. Mais nous avons choisi cinq scénarios qui ont cependant une probabilité, non nulle, de voir le jour dans les mois qui viennent. Alors Donald Trump va-t-il déclencher une guerre commerciale avec la Chine ? La Belgique va-t-elle introduire en Bourse Belfius ? Des batteries Tesla seront-elles bientôt produites en Flandre ? Et Doel 1 sera-t-il mis à l’arrêt ? Voici un aperçu de ce qui vous attend (peut-être) en 2017.


Tesla choisit la Flandre pour installer sa Gigafactory européenne

Depuis la visite d’Elon Musk en Belgique le 25 septembre 2015, les supputations vont bon train concernant la future implantation d’une usine Tesla "de très grande taille." Ce jour-là, le patron du constructeur automobile a rencontré des membres du gouvernement flamand, Bart De Wever en tant que bourgmestre d’Anvers, et de son port, ainsi que le roi Philippe. Si Mr Musk n’a rien promis, il a tout de même dit que la Flandre était dans son top 5.

Mais n’a-t-il pas dit la même chose à tous ses interlocuteurs rencontrés lors de cette tournée européenne ? Depuis, la perspective de voir une Gigafactory pousser sur son sol excite tout un tas de gens. En France, l’Alsace - le futur site réhabilité de la centrale de Fessenheim - et Châteauroux, dans l’Indre, font des pieds et des mains pour attirer Tesla. L’Espagne et son ensoleillement ont aussi leur charme. Ou l’Allemagne, en terres VW, Mercedes et BMW, où la marque américaine a du mal à s’implanter.

Et si la Belgique tenait la corde ? Trop peu avancé dans la procédure Renault, le site de Caterpillar à Gosselies n’envisage pas encore sa reconversion, malgré ses 98 hectares, dont 25 sous toit.

Alors la Flandre, dont les dirigeants se démènent depuis bien avant la visite d’Elon Musk en septembre 2015. La Flandre qui parle à peu près la même langue que les Pays-Bas, où est implantée l’usine d’assemblage final : Tilburg est à 130 km de Genk, 100 de Malines, avec de belles synergies à la clé. La Gigafactory devra produire 150 000 véhicules par an, ainsi que leurs batteries. Ce sont 2 500 emplois directs et autant indirects. Cela vaut bien quelques crédits d’impôts, comme ceux dont a bénéficié Audi Brussels. Verdict en 2017.


L’Etat décide d’introduire 35 % du capital de Belfius en Bourse de Bruxelles

Nous sommes fin mars 2017 : après de longs débats au sein du gouvernement Michel qui a envisagé un temps l’idée d’un rapprochement avec Ethias, le couperet tombe : une introduction en Bourse de Belfius aura bien au lieu durant l’année. L’Open VLD poussait à la manœuvre depuis un moment mais le CD&V a fixé ses conditions : pas question de voir l’Etat descendre sous la barre des 50 % dans le capital. C’est donc un paquet de 35 % des actions de Belfius qui accédera à la cote d’Euronext Bruxelles à partir du lundi 11 septembre 2017. Un scénario à la bpost ou à la Proximus a donc été choisi et non l’idée d’une vente pure et simple de cette banque redevenue publique au lendemain de la crise financière de 2008 qui avait entraîné le démantèlement de l’ex-Dexia. L’objectif était bien de conserver le centre de décision de Belfius en Belgique (la restructuration massive chez ING est passée par là) tout en lui donnant les moyens financiers d’une stratégie de croissance plus ambitieuse.

Il faut dire que, depuis quelques mois déjà, le gouvernement avait demandé à Marc Raisière, le patron de Belfius, de gérer Belfius comme s’il s’agissait d’une entreprise cotée. Histoire de faciliter le moment venu la manœuvre. Le moment était de plus idéal pour Belfius, à nouveau très performante et dont la valeur évaluée à plus de 8 milliards d’euros permet à l’Etat de dégager une solide plus-value de plus de 1,5 milliard d’euros. C’est toujours cela de pris pour réduire quelque peu notre dette publique toujours épinglée par des institutions internationales comme le FMI ou la Commission européenne.


Doel 1 arrêté par le Conseil d’Etat

La ministre de l’Energie, Marie-Christine Marghem (MR), est finalement parvenue à faire voter la troisième loi nécessaire à la prolongation de Doel 1 et 2 avant la fin d’année. Si le processus législatif est bouclé, plusieurs actions en justice doivent encore être tranchées durant l’année 2017. Greenpeace a notamment lancé un recours devant le Conseil d’Etat. Au printemps 2017, la décision tombe : le Conseil d’Etat estime qu’il aurait fallu mener une étude d’incidence et une consultation publique avant de prolonger Doel 1. Le problème ne se pose pas pour Doel 2 car la loi prolongeant ce réacteur a été votée avant qu’il n’atteigne ses 40 années de service. En revanche, Doel 1 a été déconnecté du réseau le 15 février 2015, avant le vote de la loi de prolongation nucléaire. Pendant plus d’un an, le réacteur doit cesser de produire de l’électricité. En effet, la procédure de consultation publique ainsi que l’étude d’incidence prennent un certain temps. S’appuyant sur la convention signée par Charles Michel et Marie-Christine Marghem, Electrabel réclame des indemnités à l’Etat belge. En effet, seul un arrêt décidé par une instance européenne ou internationale n’aurait pas permis à Electrabel de réclamer une indemnisation.


Trump : "Apple fabriquera les iPhones ici !"

Trump a mis Tim Cook au pied du mur dès son arrivée sur la scène politique américaine. "Pas question de produire l’iPhone 8 Se en Chine !", a-t-il asséné au CEO d’Apple. Le best-seller d’Apple sera donc produit aux Etats-Unis, par le sous-traitant taïwanais Foxconn, dans ses nouvelles usines. Foxconn a donc viré 180 000 ouvriers de ses usines en Chine (Shenzen), pour localiser aux Etats-Unis une partie de la production de smartphones d’Apple. En créant 180 000 emplois ? Non. Pour équilibrer son rendement financier, Foxconn a embauché 30 000 ouvriers américains, essentiellement des Hispaniques, les seuls susceptibles d’accepter les cadences infernales imposées par le sous-traitant d’Apple, et a surtout mis en place une armée de robots. Mais Apple a plié. En contrepartie de sa bonne volonté, Tim Cook a pu annoncer aux actionnaires du groupe à la pomme le rapatriement de quelque 200 milliards de dollars de bénéfices logés dans des filiales étrangères, contre le paiement d’un impôt forfaitaire de 12 %. Le paiement d’un dividende exceptionnel est prévu pour la mi-juin.


Draghi sonne la fin de la récréation monétaire

Mario Draghi a le visage tendu après cette dernière réunion de la Banque centrale européenne (BCE). La traditionnelle conférence de presse qui suit commence par cette sentence : "J’ai proposé et le comité monétaire a décidé de relever le taux directeur de la Banque d’un demi-point pour le fixer à 0,50 %." Le président de la BCE vient de prononcer la phrase que tout le monde redoutait même si on n’imaginait pas une autre issue. Il fallait absolument prendre une décision forte pour en finir avec les attaques à répétition dont l’euro est la victime. Depuis qu’aux Etats-Unis, Janet Yellen, la présidente de la Réserve fédérale, a annoncé le deuxième relèvement des taux des Fed funds de l’année (et le troisième depuis décembre dernier), les marchés des changes sont en ébullition. Le dollar qui était passé sous la barre d’1 euro en janvier 2017, continue à se renforcer de manière régulière : désormais, on ne donne que 0,85 dollar pour 1 euro en raison d’un différentiel de rendement proche de 3 % entre les deux monnaies. L’avantage compétitif de cette dévaluation aurait pu compenser cet effondrement de l’euro. Malheureusement, Mario Draghi a été contraint de sonner la fin de la récréation monétaire avant que les entreprises européennes aient pu à nouveau s’imposer sur les marchés commerciaux. L’envolée du pétrole orchestrée par l’Opep avec le soutien de Vladimir Poutine et les barrières douanières imposées par Donald Trump sur de nombreux biens importés d’Europe vers les Etats-Unis auront eu raison des efforts de redressement de la vieille Europe après près de dix années de soutien monétaire.