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Le 25 janvier dernier, une enquête révélait que le constructeur allemand avait eu recours à des singes. Les animaux étaient contraints de respirer des gaz d'échappement pendant des heures, pour mesurer l'impact de ses gaz d'échappement.

La semaine dernière, le New York Times sortait un article dans lequel il était expliqué que Volkswagen, mais également Daimler (Mercedes) et BMW, avaient effectué des tests d'émissions de gaz diesel sur des singes mais aussi des humains.

Dès samedi, le constructeur basé à Wolfsburg avait indiqué prendre "clairement ses distances avec toute forme de maltraitance d'animaux", après la révélation par le quotidien américain de ces tests, qui concernaient également l'équipementier allemand Bosch. Par voie de communiqué, VW expliquait que "nous sommes convaincus que les méthodes scientifiques choisies à l'époque étaient mauvaises".

De concert, les quatre firmes allemandes avaient fondé l'EUGT, un organisme spécialisé dans la santé dans le secteur du transport. C'est ce dernier qui avait conduit les expériences sur le sol américain en 2014 auprès de dix singes. Selon le Stuttgarter Zeitung, ceux-ci étaient enfermés durant quatre heures dans des chambres de confinement au sein desquelles les gaz étaient émis par des modèles de voiture concernés par le scandale des moteurs truqués, révélé au grand jour un an plus tard.

Fin 2015, le groupe Volkswagen avait reconnu avoir équipé 11 millions de ses voitures diesel d'un logiciel faussant le résultat des tests anti-pollution et dissimulant des émissions dépassant jusqu'à 40 fois les normes autorisées

"Il aurait été préférable qu'on se passe d'une telle étude" expliquait le constructeur allemand, alors que le centre de l'UEGT avait été fermé suite au dieselgate, et se trouve actuellement en liquidation, précise la Süddeutsche Zeitung.

Des êtres humains également soumis aux tests

Le scandale a néanmoins pris une nouvelle dimension ce lundi avec les affirmations du quotidien allemand Süddeutsche Zeitung affirmant que des tests sur les effets de l'inhalation d'oxydes d'azote (NOx) avaient également été effectués sur environ 25 êtres humains en bonne santé. "Je suis écoeurée d'apprendre les révélations sur les tests d'émissions concernant les humains et les singes", a déclaré la ministre allemande de l'Environnement, Barbara Hendricks.

Interrogé par l'AFP, un porte-parole de Daimler témoignait de la "consternation" du groupe "par l'ampleur des études et leur mise en oeuvre".

Bernd Althusmann, ministre de l'Économie de Basse-Saxe, un Etat-région actionnaire de VW, a pour sa part qualifié ces expérimentations animales d'"absurdes et inexcusables", a rapporté l'agence DPA. Il appelle lui aussi de ses vœux une "enquête approfondie", ainsi que des "conséquences personnelles graves" pour les responsables de ces tests.


La Febiac n'a pas connaissance de tests sur des singes et des humains en Belgique

"La Febiac est consternée", a-t-elle indiqué lundi dans un communiqué, qualifiant ces pratiques "d'absolument inadmissibles." La Fédération belge et de l'automobile et du cycle ajoute n'avoir "aucune connaissance" de tests similaires menés dans notre pays. Pour la Febiac, "de telles méthodes de recherche sont totalement incompatibles avec les valeurs et les principes que nous partageons et que nous représentons. Cette nouvelle entache à nouveau l'image de notre secteur".