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Le géant allemand de l'automobile Volkswagen, plongé dans un scandale de logiciels truqueurs et d'émissions de CO2 falsifiées, a trouvé des solutions techniques pour "plus de 90% des véhicules" concernés en Europe, a annoncé lundi son PDG Matthias Müller.

"Pour plus de 90% des véhicules du groupe en Europe, les solutions sont maintenant confirmées. Le coût du rappel est supportable techniquement, financièrement et en termes de main-d'oeuvre. C'est une bonne nouvelle", a déclaré M. Müller devant un millier de cadres du groupe réunis au siège de Wolfsburg, sans fournir de précisions chiffrées.

Le colosse aux douze marques (des citadines Seat et Skoda aux berlines Audi et sportives Porsche, en passant par les camions MAN et Scania), doit rappeler 8,5 millions de véhicules aux moteurs truqués à partir de janvier, une opération gigantesque.

M. Müller a promis que son groupe soumettrait "avant la fin du mois" aux autorités allemandes les solutions retenues pour l'ensemble des véhicules concernés, qui vont d'une simple mise à jour de logiciel sur les moteurs diesel 2 litres, déjà validée, à des manipulations complexes sur les moteurs 1,6 litre.

Volkswagen a par ailleurs déclaré jeudi auprès des autorités américaines que le trucage concernait aussi "tous les moteurs diesel de 3 litres équipant les voitures modèles de 2009 à 2016", soit 75.000 véhicules supplémentaires des marques Volkswagen, Audi et Porsche.

Evoquant l'enquête interne en cours, M. Müller a prévenu qu'elle était "très complexe" et prendrait encore "plusieurs mois", mais a annoncé un "rapport d'étape" mi-décembre.

"Notre ressource la plus importante, ce ne sont pas les chiffres de ventes ou le résultat opérationnel. Notre ressource principale, c'est la crédibilité et la confiance dans nos marques", a insisté le patron de Volkswagen, qui a déjà provisionné 6,7 milliards d'euros pour faire face aux conséquences du scandale.