Entreprise Envoyé spécial à Venise

L’opérateur italien, Save, qui a racheté 27,65 % de l’aéroport de Charleroi fin de l’année dernière, a de grandes ambitions pour la plate-forme régionale. Ses dirigeants ont invité samedi le ministre de tutelle, André Antoine (CDH), à leur quartier général de Venise où le président du groupe, Enrico Marchi, a fait part de ses projets pour l’aéroport carolo. "La prise de participation dans BSCA ( société gestionnaire de l’aéroport de Charleroi) est notre première expérience de Save à l’étranger, nous y jouons notre crédibilité. D’où notre volonté de réussir ce partenariat qui deviendra notre carte de visite. Notre objectif est de pouvoir offrir des vols intercontinentaux à Charleroi et nous avons déjà des marques d’intérêt, notamment de la part de la compagnie Hainan Airlines. Mais il faut améliorer l’accessibilité de l’aéroport par une liaison ferroviaire" , a indiqué Enrico Marchi, président de Save, lors d’une conférence de presse à Venise en présence du ministre André Antoine. Il faut dire que la compagnie chinoise avait participé à l’appel d’offres qui a mené à la privatisation partielle de BSCA. Mais le projet de Save a été jugé plus avantageux pour l’aéroport de Charleroi.

Pour réaliser l’opération, l’opérateur italien s’est associé au Holding communal dans une société commune créée pour l’occasion, Belgian Airports (65 % pour Save, 35 % pour le Holding communal). Les deux partenaires ont déboursé environ 11,2 millions d’euros pour s’offrir une participation minoritaire de blocage dans BSCA avec d’importants pouvoirs (droit de veto sur les décisions stratégiques). "Notre engagement dans l’aéroport de Charleroi aux côtés de Save traduit notre volonté de diversifier nos actifs, notamment dans les infrastructures. Nous avons aussi deux autres axes de diversification dans l’immobilier et les utilities" , nous a confié Carlos Bourgeois, délégué à la gestion journalière du Holding communal. Pour le ministre Antoine, le choix de Save répond à un objectif bien précis. "Il s’agit de faire faire à l’aéroport de Charleroi un bond quantitatif et qualitatif visant à diversifier des activités et des compagnies aériennes. Il faudra que cette alliance favorise le développement et s’accompagne de création d’emplois. Sur le plan commercial, grâce à l’appui de Save, nous devons faire mieux qu’aujourd’hui" , a précisé le vice-président wallon, André Antoine.

Il a rappelé que Charleroi a déjà réalisé une belle performance en passant de 200 000 passagers fin des années 90 à près de 4 millions de passagers en 2009. "En 2010, l’aéroport devrait atteindre 5 millions de passagers et l’objectif est d’en faire le deuxième aéroport national" , a poursuivi le ministre en charge de la politique aéroportuaire wallonne. "Brussels Airport a beaucoup souffert ces dernières années et est limité par les problèmes d’embouteillages sur le Ring. De plus, il propose des services à des prix élevés. Notre objectif est de proposer des services de qualité aux justes prix, ce qui devrait renforcer le succès de l’aéroport de Charleroi " , a renchéri M. Marchi.

En attendant les grands investissements, le conseil d’administration de BSCA se prononcera cette semaine sur le projet d’agrandissement du nouveau terminal inauguré le 29 janvier 2008. Celui-ci arrive à saturation. "Nous voulons adjoindre un bâtiment de 2 000 à 3 000 m2, soit trois gates supplémentaires. L’investissement s’élève à environ 1,3 million d’euros et devrait être concrétisé d’ici un an" , a déclaré Dominique Haussman, président ad interim de BSCA.

Quant à la gestion journalière du site, Jean-Jacques Cloquet, qui assure actuellement la fonction de directeur général, devrait être confirmé à son poste s’il est candidat, car la procédure de recherche de l’oiseau rare confiée à Hudson semble être gelée. L’administrateur italien chez BSCA, Paolo Simioni, également CEO de Save Group, devrait s’affirmer comme le vrai commandant de bord à Charleroi, secondé par M. Cloquet.