Entreprise Analyse

On s’inquiétait il y a une semaine en Bourse de la perspective des élections aux Etats-Unis. Une inquiétude doublée de préoccupations encore plus terre à terre puisque la Bourse de New York devait garder ses portes closes plusieurs jours durant en raison du passage de l’ouragan Sandy sur le centre financier américain. Ce n’est pas un secret de rappeler que l’indécision était grande jusqu’aux dernières heures du scrutin sur son issue. Mais en Bourse en général et aux Etats-Unis en particulier, les opérateurs avaient parié sur un maintien de l’équipe en place et sur une continuité de la politique économique notamment au travers de la politique monétaire de la Réserve fédérale américaine. Anticipant ce facteur, les acheteurs ont donc dominé l’activité juste avant la diffusion des résultats. Mais ensuite, les prises de bénéfices ont fait sentir leurs effets à Wall Street et, par ricochet, sur les places boursières européennes.

Que s’est-il passé ? Comme ils le font traditionnellement, les opérateurs ont acheté au son du canon, avant l’issue du scrutin, et ont pris leurs bénéfices après l’annonce des résultats. Une pratique courante : on achète au son du canon et on vend au son du clairon

Mais surtout, l’incertitude dissipée, les intervenants ont été forcés d’intégrer les prochaines échéances auxquelles sera confronté le président réélu. En l’occurrence, c’est dès janvier que l’administration Bush devra être capable de contrer les effets sur la croissance de la fin des avantages fiscaux de l’ère Bush et simultanément, des effets d’économie budgétaire. Ce que les Américains ont surnommé le "fiscal cliff", ou mur fiscal, aura notamment des effets sur la taxation des dividendes et donc, sur la valorisation des actifs boursiers. Un épouvantail financier ? Dans une certaine mesure puisqu’aucun actif alternatif n’offre pour le moment un rendement comparable à celui de la Bourse N’en déplaise aux Cassandre, on ne pourrait assister d’ici-là qu’à un simple aller-retour des capitaux. A suivre !

Entre-temps, les investisseurs ont à nouveau porté attention aux fondamentaux des entreprises en ces temps de diffusion des résultats trimestriels.

Et à cet égard, les résultats trimestriels de Delhaize ont surpris agréablement ses actionnaires et désagréablement les fonds spéculatifs qui avaient accumulé des ventes à découvert sur le titre en tablant sur une mauvaise nouvelle. Le groupe belge qui réalise le gros de son chiffre aux Etats-Unis, a annoncé un chiffre d’affaires trimestriel en léger progrès, stabilisé chez nous et amélioré (+1,6 %) aux Etats-Unis, mais avec à la clé une hausse de 33 % de son bénéfice net. Les analystes restent partagés sur l’évolution à moyen terme de l’action du groupe au lion mais ils sont globalement plus positifs qu’ils n’ont pu l’être. Le titre a donc bondi de plus de 8 % au moment de l’annonce, avant de retomber en raison d’une tendance boursière globale pesante. Il fallait cela pour maintenir un semblant de tendance à la Bourse de Bruxelles. Mais chez nous, on s’est encore concentré sur le sort de petites valeurs comme 4Energy dont le cours a été dopé, doublant en quelques séances avant de subir des prises de profits, sur l’amélioration des perspectives d’une filiale au terme de négociations avec ses banques créancières.

A un tout autre niveau, on a considéré des évolutions divergentes à la Bourse de New York avec évidemment des déceptions sur les titres d’entreprises directement menacées par le maintien de la politique de l’administration Obama. Ici, c’est sur le secteur des énergies fossiles que se sont portées les ventes avec des perspectives inquiétantes pour les entreprises du secteur pétrolier, et surtout celles engagées dans l’exploitation du gaz de schiste.

On a dans un autre secteur noté le plongeon continu de la société Groupon à la Bourse de New York suite à l’annonce d’une perte liée à ses activités internationales. Et on s’est enfin interrogé sur la solidité du modèle économique d’Apple dont le cours a reculé de 20 % en deux mois suite au lancement de produits qui sont de plus en plus rapidement concurrencés par les autres géants du secteur de l’informatique mobile.