Entreprise

Justice sociale et tyrannie des marchés, un thème accrocheur qui illustre assez bien un débat, vieux de près de 200 ans, à une époque ou l'on commença à réaliser que liberté ne rimait pas nécessairement avec égalité, commente Luc Willame, administrateur délégué de Glaverbel.

Le marché n'est pas forcément injuste. Le marché devient tyrannique de ses excès. Mais condamner le marché du fait de ses excès, c'est aller un pas trop loin. Le fondement de l'entrepreneur c'est de créer une valeur, un service, un produit, meilleur que celui des concurrents et à un coût inférieur. Dans le même ordre d'idées, refuser aujourd'hui la globalisation, la compétitivité, c'est un combat d'arrière-garde. C'est même un jeu dangereux, surtout pour l'éducation des jeunes. C'est également tromper le public: car globalisation ne signifie pas forcément délocalisation, poursuit-il.

Et chez Glaverbel? L'internationalisation rapide du groupe au cours des dix dernières années n'a pas signifié une réduction de l'emploi en Belgique. Au contraire, nous avons pu, dans bien des cas, consolider l'emploi dans nos usines belges.

Pour réaliser une meilleure harmonie entre le marché et la justice sociale, il faut une politique d'encadrement du marché ainsi qu'une politique volontariste d'adaptation de nos structures aux changements rapides et inévitables dans le monde globalisé.

© La Libre Belgique 2001