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Le président de la Banque centrale européenne (BCE) Wim Duisenberg a réaffirmé mercredi qu’il n’entendait pas finir son mandat de huit ans à la tête de l’institution, alors que le débat autour de sa succession vient d’être relancé.

Il a renvoyé, lors d’une conférence de presse à Francfort, à des déclarations qu’il avait faites avant le lancement de l’euro en janvier 1999, dans lesquelles il indiquait qu’il n’envisageait «pas d’aller au bout de (son) mandat» à la tête de la BCE. M. Duisenberg a ajouté avoir également précisé à l’époque qu’il n’entendait pas pour autant «démissionner à mi-mandat», c’est à dire en 2002.

«Ces déclarations sont toujours valables», a-t-il ajouté au cours de la conférence de presse en réponse à la question d’un journaliste. Il a en outre estimé que ce débat n’avait pas nui au taux de change de l’euro.

Le débat sur la succession de M. Duisenberg a resurgi cette semaine suite à des déclarations de Jean Lemierre, le président de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD), et surtout à la parution d’un article de presse qui évoquait M. Lemierre comme son successeur potentiel.

Le nom de M. Lemierre, seul Français actuellement à la tête d’une grande institution internationale, est venu ainsi faire concurrence à celui du gouverneur de la Banque de France, Jean-Claude Trichet, évoqué jusqu’ici.

Celui-ci pourtant est le «candidat de la France», indiquait lundi le ministère français des finances. Mais cette candidature semble en péril du fait de sa mise en examen l’an dernier dans le cadre de l’affaire du Crédit Lyonnais.

Interrogé par l’AFP, un responsable français avait confirmé lundi, sous couvert de l’anonymat, que M. Lemierre était une option pour les autorités françaises, qui tiennent absolument à ce que le successeur de Wim Duisenberg soit un Français.

M. Lemierre, dont le nom n’a pas été prononcé mercredi par M. Duisenberg, avait cependant démenti vouloir doubler M. Trichet: «l’hypothèse évoquée dans le Financial Times est dénuée de tout fondement en ce qui me concerne», avait-il dit.

Habituellement discret, M. Lemierre avait créé la surprise il y a deux semaines en jetant un pavé dans la mare: il avait affirmé au quotidien italien La Repubblica que Wim Duisenberg allait bien céder son poste à la mi-2002, conformément à un accord - jamais confirmé par l’intéressé lui-même - prévoyant son remplacement par un Français à mi-parcours de son mandat de huit ans. (AFP)