Entreprise

Leur core business, ce n’est pas la radiographie à destination du secteur de la sécurité, comme le déminage. C’est plutôt la radiographie industrielle. Pourtant, son renom actuel et ses liquidités, X-RIS les doit à un client prestigieux, actif dans le premier domaine cité : le FBI. Fin 2014, la petite entreprise liégeoise a livré une commande d’un montant de 450 000 dollars au service fédéral américain.

Le "Bureau", séduit par la facilité d’utilisation, la qualité et la portabilité des produits de X-RIS, a acheté un grand et un petit scanner, un générateur haute tension et une cabine blindée. L’appareillage léger (10 kilos) sert à scanner aux rayons X des colis suspects et permet d’obtenir une image nette en 20 secondes. "Ce matériel a été utilisé en Ukraine, sur le site du crash du vol MH17 de la Malaysia Airlines pour tenter d’identifier le missile qui l’a abattu", évoque Christophe Greffe, le CEO et co-fondateur de X-RIS. En juin dernier, le FBI a repassé la même commande. "Le matériel est destiné au centre de formation des démineurs, situé en Alabama", précise le CEO.

Total et le secteur aéronautique

Les bonnes nouvelles ne s’arrêtent pas là. X-RIS avait déjà Total comme client, à qui il avait fourni un générateur à rayons X pour visualiser, lors de simulations en laboratoire, l’extraction de pétrole au fond d’un puits. La compagnie pétrolière a racheté récemment du matériel aux Liégeois. "Nous avons aussi vendu des produits à la Sabca, la Sonaca, Safran (aéronautique) et Précimétal (fonderie). Et nous sommes sur une vingtaine d’autres projets, principalement dans le domaine industriel."

Les perspectives à l’export s’élargissent encore. X-RIS a ouvert en février un bureau dans la capitale chinoise. "Nos deux commerciaux vendent nos produits et gèrent la distribution. Nous allons probablement conclure une vente avec le constructeur aéronautique Comac."

Et la PME n’agrandit pas que sa clientèle. "En collaboration avec la société Medixbel, nous avons racheté en juin l’ensemble des actifs de Medex Loncin et, à nous deux, nous avons repris dix membres du personnel, principalement des ouvriers et des techniciens. Nous serons capables de contrôler totalement la production du générateur, d’assurer toutes les nouvelles commandes et de multiplier par dix notre production." Conséquence : X-RIS, qui était déjà à l’étroit dans ses locaux d’Ans, emménagera en novembre dans un bâtiment de 1000 m2 du zoning des Hauts-Sarts à Herstal.

Enfin, des négociations sont en cours avec un investisseur privé wallon, actif dans le domaine des rayons X pour l’industrie, qui souhaite entrer dans le capital de X-RIS.

Un chiffre d’affaires de 2,3 millions

Partie de rien en 2009 (Christophe Greffe et son associé ont travaillé dans une cave pendant un an), la PME a pu bénéficier rapidement de 200 000 euros de subsides wallons. "Un argent indispensable qui nous a permis de réduire les risques et de rester maîtres à bord." Elle table sur un chiffre d’affaires de 2,3 millions d’euros pour 2015. "Et il devrait augmenter en 2016. Nous allons sortir de nouveaux produits à la fin de l’année, dont un détecteur portable de 2 kilos pour les démineurs", annonce Christophe Greffe.