Entreprise

En vous affirmant comme la seule alternative pour le "Grand Bruxelles", cela signifie-il que vous vous positionnez comme un concurrent de Brussels Airport ?

On ne peut pas se positionner comme un aéroport concurrent de Brussels Airport, car c'est un aéroport ouvert 24 h/24, qui dispose de trois pistes avec des installations plus grandes et plus chics que nous. Par contre, ce sont eux qui veulent nous concurrencer avec leur projet de construire un terminal low cost.

Cela vous inquiète-t-il ?

Non. J'ai travaillé plus de 20 ans à Zaventem, je connais donc leurs atouts et leurs faiblesses. Je peux dire que Zaventem ne sera jamais un aéroport low cost. Il ne suffit pas seulement d'avoir des prix bas pour être low cost, nous faisons le "turn around" d'un B727 en 20-25 minutes, ce que Zaventem ne pourra pas faire. De plus, il faut être un bon athlète pour parcourir leur nouvelle jetée qui fait près de 800 m et avoir son avion à temps. Nous avons conçu notre nouveau hall pour réduire au maximum la distance à parcourir par les passagers.

La diversification de vos activités passera-t-elle par un renforcement de votre équipe ?

L'équipe actuelle est compétente, mais trop petite. Nous sommes donc absents lors de rendez-vous cruciaux, alors que nos concurrents y sont présents. Je travaille avec un professeur de l'Université de Liège pour mettre en place une stratégie et une nouvelle organisation. J'espère être prêt pour le 15 janvier et l'objectif est d'engager trois ou quatre personnes.

Des actions sont-elles prévues pour promouvoir davantage Brussels South Charleroi Airport (BSCA) ?

Oui, car la Wallonie a des atouts (parcs, thermes de Spa, infrastructures sportives comme des terrains de golf, etc.) et certains événements qui s'y déroulent peuvent nous servir de tremplin comme le tour cycliste, le GP de F1 à Spa-Francorchamps. Nous avons déjà eu des contacts avec l'office du tourisme dans le but d'élaborer un programme de promotion mutuel. Nous nous associerons aussi au GP de F1 en 2008 en proposant notamment des packages.

Comment vous positionnez-vous par rapport à Liège-Airport ?

Nous ne sommes pas en concurrence. La Région wallonne a décidé que Liège se concentrerait sur le cargo et nous, sur le trafic passagers. Charleroi est un aéroport de jour, nous avons un bâtiment cargo pour les petits colis et nos clients nous font des demandes dans ce sens. Nous nous en occuperons dès l'ouverture du nouveau terminal, mais notre intention n'est pas de faire du fret.

Que va-t-il advenir de l'ancien terminal ?

J'essaie de convaincre des clients potentiels pour qu'ils en fassent leur propre terminal et ce n'est pas Ryanair vu ses ambitions. Si j'y arrive, il faudra le moderniser ou le raser pour en construire un nouveau, mais plus modeste comme à Marseille.