Placements / Marchés Un actionnaire néerlandais a titillé la haute direction du groupe brassicole lors de l’assemblée.

Il y a aura eu un (seul) moment chaud mercredi lors de l’assemblée annuelle du groupe brassicole AB InBev qui avait lieu à Bruxelles. Une représentante de fonds de l’assureur néerlandais NN s’en est pris longuement à la bonne gouvernance, faisant valoir que celle de SABMiller était meilleure que celle d’AB InBev. "Nous voyons trop peu de diversité dans le conseil d’administration (pas assez de femmes notamment), trop peu d’administrateurs indépendants et une politique de bonus pour les salariés et les administrateurs qui n’est pas en ligne avec les principes internationaux", a souligné cette actionnaire.

Le président du conseil d’administration, le Français Olivier Goudet, un ingénieur de 53 ans, a reconnu que le conseil d’administration "devrait davantage refléter la diversité du monde". "C’est à mon agenda en tant que président", a-t-il expliqué. Tout en rappelant qu’à la suite de la fusion d’AB InBev avec le brasseur sud-africain SABMiller est allé de pair avec l’arrivée de trois administrateurs, qui ne sont pas liés à l’actionnaire de référence. Ce qui porte à six, le nombre d’administrateurs indépendants sur un total de quinze.

"SABMiller était-il meilleur ? Si tel était le cas, il ne se serait pas fait racheter par AB InBev", a-t-il rétorqué.

Politique de rémunération

Quant au CEO Carlos Brito, il a longuement défendu la politique de rémunération du groupe. "Chez nous, le principe de l’ownership est très important. Quand nous n’atteignons pas nos objectifs, nous prenons nos responsabilités. Je ne critique pas les autres entreprises mais je constate que, dans pas mal d’entre elles, les managers partent après 2 ou 3 ans, qui dans une compagnie de ‘private equity’, qui dans une banque, qui chez un consultant. Chez nous, tout est fait dans la politique de rémunération pour que le management reste longtemps. Nous attribuons des bonus liés à des objectifs à long terme et encourageons à les réinvestir dans des actions AB InBev. Quand les résultats sont bons, les bonus le sont aussi. C’est le même principe quand les résultats sont mauvais". Et le président de rappeler que la plupart des membres du comité de direction dont Carlos Brito n’ont pas eu droit à un bonus suite aux résultats décevants en 2016 (le bénéfice par action a été diminué de moitié pour passer à 2,83 dollars par action). En 2008, en pleine crise, de nombreux CEO ont reçu un bonus malgré une chute de leurs actions. Une année où AB InBev n’en a pas distribué, ont également rappelé les dirigeants.