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Le titre du transporteur aérien Air France-KLM perdait près de 5% vendredi à la Bourse de Paris, après la nomination de son nouveau patron, le Canadien Benjamin Smith, sur fond de craintes d'un nouveau mouvement social. A 14H27 (12H27 GMT), l'action du groupe cédait 4,71% à 8,62 euros dans un marché en recul de 0,54%.

Benjamin Smith, numéro deux d'Air Canada, a été nommé jeudi directeur général d'Air France-KLM, un choix qualifié par le gouvernement de "chance" pour le groupe aérien en pleine crise, mais qui a été accueilli avec méfiance par des syndicats.

Cette nomination intervient après le départ fracassant, début mai, de Jean-Marc Janaillac, le PDG du groupe désavoué par le personnel consulté au sujet d'un accord salarial.

Les opérateurs étaient toutefois inquiets que l'arrivée de Benjamin Smith aux rênes du groupe aérien n'entraîne de nouveaux blocages au sein de l'entreprise, souligne auprès de l'AFP Alexandre Baradez, un analyste de IG France.

Le recul du titre est lié "à des craintes qu'un mouvement de grève se forme, qui impacterait les comptes de l'entreprise. Car ce choix est contesté par l'ensemble de l'intersyndicale", analyse-t-il ainsi. "Le marché se montre prudent. C'est un mouvement de défiance du marché par rapport au risque de réactions au sein de l'entreprise sur cette nomination", ajoute-t-il.

A peine nommé, Benjamin Smith a d'ailleurs vu le montant de sa rémunération critiquée. La rémunération du directeur général pourra atteindre un montant maximum de 4,25 millions d'euros par an (dont 900.000 euros de part fixe), a indiqué vendredi une source proche du dossier à l'AFP. Un montant potentiel plus que triplé par rapport à celui accordé à Jean-Marc Janaillac.

© AFP