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L'assureur français Axa, qui a affiché un chiffre d'affaires inférieur aux attentes au premier trimestre, a annoncé mercredi l'introduction en Bourse au cours du premier semestre 2018 d'une part minoritaire de ses activités américaines.

Son objectif est de dégager plus de liquidités pour accélérer la transformation du groupe en accord avec son plan stratégique à horizon 2020, précise le deuxième assureur européen dans un communiqué.

Axa entend créer "une institution financière diversifiée de premier plan", regroupant la filiale américaine Axa US et la participation du groupe Axa dans AB (AllianceBernstein), qui disposera "d'une flexibilité stratégique accrue, de davantage de visibilité et de plus fortes perspectives de croissance en tant que société cotée".

Le groupe, qui revendique plus de 2,5 millions de clients aux Etats-Unis, détient ainsi une participation d'environ 64% dans AB, l'un des poids lourds de la gestion d'actifs avec près de 500 milliards de dollars d'actifs sous gestion au 31 mars 2017.

AllianceBernstein est aujourd'hui valorisée à environ 6 milliards de dollars tandis que l'entité principale d'assurance vie d'Axa aux Etats-Unis dispose de 13,3 milliards d'euros de fonds propres, a détaillé Gérald Harlin, directeur financier du groupe, lors d'une conférence téléphonique.

Cette nouvelle entité devrait ainsi figurer parmi "les dix premières sociétés cotées d'assurance vie aux Etats-Unis", a-t-il avancé.

Cette décision intervient dix jours après l'annonce d'un renouvellement de la gouvernance d'AllianceBernstein avec pour président non exécutif Robert Zoellick, ancien président de la Banque mondiale, et Seth Bernstein comme PDG.

A la Bourse de Paris, en légère baisse de 0,13%, le titre d'Axa reculait de 0,20% à 24,46 euros à 12H40 (10H40 GMT).

Dividendes améliorés en vue

Les sommes collectées au cours de cette opération pourront être "réinvesties dans les segments cibles", définis par le plan stratégique comme la santé, les produits d'épargne peu consommateurs de capital, la prévoyance et l'assurance d'entreprises en dommages, "notamment via des acquisitions et/ou potentiellement reversées à nos actionnaires en fonction des opportunités et des conditions de marché", a expliqué M. Harlin.

"On a identifié des cibles et des pays" en vue d'acquisitions, a pour sa part révélé Thomas Buberl, patron d'Axa. Le groupe envisage de se développer en santé dans des des pays où il possède une base d'activité en vie et en dommages, a-t-il expliqué, citant la Thaïlande, les Philippines, la Chine ou le Brésil.

Le groupe en a profité pour réaffirmer les objectifs financiers de son plan stratégique pour la période 2015-2020.

A horizon 2020, le groupe compte aussi investir trois milliards d'euros pour concrétiser sa transformation dans les domaines du numérique, du développement de nouveaux services ou de la formation de ses collaborateurs.

Pour accélérer la mise en oeuvre de ce tournant technologique, Axa a annoncé dans la foulée la création d'une nouvelle unité commerciale consacrée à l'innovation client et aux nouveaux "business models" (offres et services commerciaux).

Revenus stationnaires

En termes commerciaux, sur ce premier trimestre, l'assureur affiche un chiffre d'affaires quasiment stable (-0,1% en données retraitées, -0,6% en publiées) à 31,6 milliards d'euros, en deçà des attentes des analystes qui tablaient en moyenne sur des revenus de 32,6 milliards, selon un consensus établi par le fournisseur de données Factset.

Dans le détail, la baisse du chiffre d'affaires sur le segment vie, épargne, retraite de 1% à 17,1 milliards d'euros a été compensée par une progression équivalente (+1%) de l'activité dommages à 13,4 milliards d'euros.

En assurance vie, épargne, retraite, les ventes sont soutenues notamment par leur forte croissance aux Etats-Unis (+11% à 3,8 milliards d'euros). Les revenus en France demeurent stables à 4 milliards d'euros mais chutent en Italie (-35% à 747 millions d'euros) et en Espagne (-28% à 159 millions d'euros).

L'activité dommages bénéficie elle d'une hausse des revenus en assurance des entreprises (+3% à 7,1 milliards d'euros).

En matière de gestion d'actifs, la collecte nette a atteint 3 milliards d'euros, en franc recul par rapport à l'an dernier où elle s'établissait à 10 milliards d'euros sur la même période.