Placements / Marchés Proximus et bpost affichent d’assez beaux rendements depuis que l’Etat a cédé une partie du capital. Belfius pourrait aussi faire l’objet d’une privatisation partielle. Avec des perspectives boursières alléchantes ?

Faut-il mettre en Bourse Belfius ? Il y a quelques jours, le conseil d’administration de la banque s’est prononcé en ce sens "à l’unanimité". Du côté du gouvernement, on sait que le CD&V veut d’abord une solution pour les coopérateurs d’Arco, qui ont perdu toute leur mise avec la déroute et le démantèlement du groupe franco-belge Dexia dont la banque belge (rebaptisée Belfius) a été rachetée par l’Etat pour près de 4 milliards d’euros en 2011.

Selon nos informations, il n’y a pas de "kern" (comité ministériel restreint) prévu à ce sujet dans un tout proche avenir. Traduisez : la N-VA et le CD&V se regardent en chiens de faïence dans ce dossier comme du reste dans beaucoup d’autres…

En dépit des blocages politiques, se pose la question de l’intérêt que les investisseurs pourraient trouver dans une entrée en Bourse de Belfius. Si l’on se réfère aux mises en Bourse des deux grands actifs de l’Etat belge, Proximus et bpost, celles-ci ont été une (assez) bonne affaire tant pour l’Etat que pour les actionnaires privés, en particulier en termes de distribution de dividendes (lire ci-dessous). Pourra-t-on en dire autant pour Belfius ? "Cela dépendra beaucoup du prix auquel l’action sera vendue en Bourse. Il ne faut pas qu’il soit trop élevé", estime Xavier Servais, administrateur délégué à la société de bourse Delande.

"Bon père de famille"

La banque a un profil qui peut plaire à l’investisseur dit "bon père de famille" : il s’agit d’une banque au profil de risque limité, qui affiche des activités traditionnelles avec une bonne présence auprès des collectivités locales. Comme de nombreuses banques, surtout en cette période de taux d’intérêt extrêmement bas, elle est toutefois confrontée à la difficulté de trouver des pôles de croissance. On a appris récemment qu’elle développait une filiale immobilière spécialisée dans la vente d’appartements. "Est-ce bien le rôle d’une banque ?" se demande Xavier Servais. "On a vu ce qu’a donné ce type de diversification opéré dans d’autres pays. Aller dans tout autre chose que le métier de banquier traditionnel, c’est étonnant et risqué", ajoute Xavier Servais.

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