Placements / Marchés Finance.brussels (SRIB) a accordé des crédits de crise pour 5,2 millions, dont 2 millions à Caméléon et Léon.

C’est un lieu hautement symbolique qu’avait choisi Finance.brussels, le pôle de financement public régional (qui réunit la SRIB et ses filiales), pour présenter son bilan 2016. La conférence de presse avait lieu dans le restaurant grec Poséidon situé chaussée de Louvain. Celui-là même qu’on a vu en boucle sur toutes les chaînes de télévision après les attentats du 22 mars 2016, en raison du passage à sa proximité de "l’homme au chapeau", Mohamed Abrini.

Poséidon est une des 54 entreprises qui ont bénéficié des crédits de crise de finance.brussels. "Sur 200 dossiers présentés, 54 ont été acceptés. Ce sont des dossiers que les banques ne voulaient pas faire. L’Horeca est leur bête noire. Le comportement prudent des banques s’explique par la crise de 2008, qui a fait évoluer les règles prudentielles", a commenté Serge Vilain, président du comité de direction de l’invest bruxellois.

Les raisons pour lesquelles les autres dossiers n’ont pas été retenus sont diverses : cela va d’une comptabilité "assez rudimentaire" à des documents incomplets. "Je crois qu’on a été utile à pas mal de dossiers. Il n’y a quasiment pas un commerce de la Grand-Place que l’on n’a pas financé", a commenté Serge Vilain.

Pour bénéficier d’un crédit de crise, il fallait une baisse du chiffre d’affaires de 30 % liée aux attentats qui ont frappé Bruxelles au printemps 2016. Le taux d’intérêt est de 4 % pour un montant supérieur à 20 000 euros et de 2 % pour un montant inférieur. D’après Serge Vilain, "le taux de casse est limité".

Caméléon et Léon

Les deux plus importants crédits de crise ont été accordés à la chaîne de vêtements Caméléon et au restaurateur Chez Léon, spécialisé dans les moules, chacun pour 1 million d’euros.

Le solde est réparti entre nombre de petites entreprises. "Rien que par l’intermédiaire des crédits de crise, on a sauvé plus de 600 emplois", explique Serge Vilain.

Le pôle financement de la Région bruxelloise finance.brussels a investi l’an dernier quelque 17,6 millions d’euros (contre 15 millions en 2015) dans le financement de 138 entreprises bruxelloises, participant ainsi au soutien de 1 653 emplois directs. La SRIB, dans le vert pour la troisième année consécutive, est en bénéfice de 1,5 million d’euros.

"Sparadrap du capitaine Haddock"

Finance.brussels a réalisé plusieurs désinvestissements, dont Artexis (organisation de salons dans des domaines divers), avec des plus-values. En revanche, il a accusé une forte perte (4,6 millions d’euros) sur Hello Agency. "C’est le sparadrap du capitaine Haddock. Cela ne fait pas plaisir", a reconnu Serge Vilain, rappelant que la priorité est de préserver l’emploi. "Il fallait faire le sacrifice pour donner une chance à l’entreprise".

Dans les crédits, l’Horeca arrive largement en tête avec une part de 31,06 %, devant le commerce et les services. "Dans beaucoup de nos dossiers, nous prenons les risques que les autres ne veulent pas prendre".