Placements / Marchés

Par Isabelle de Laminne, Responsable du blog www.Moneystore.be

Après la trêve estivale et avec la chute des feuilles, il est opportun de refaire le point dans les portefeuilles. Mais quand on fait des prévisions, il est toujours difficile de s’extraire du passé. Par ailleurs, on vit dans une société où l’information est pléthorique et circule très vite. De ce fait, les sentiments des investisseurs oscillent entre optimisme et pessimisme. « Les raisons d’être optimistes sont nombreuses. Les taux d’intérêt faibles sont favorables à l’économie. L’innovation est un facteur positif de même que la longévité accrue offre des opportunités pour certains marchés. Les résultats qui sont sortis des urnes à travers le monde, Brexit ou Trump, n’ont finalement pas fait dérailler les marchés », note Charles Nollet, Chief Investment Officer. Mais, comme le soulève cet économiste, des motifs d’inquiétude persistent. Les dettes continuent à s’accumuler tant au niveau des états que des entreprises ou des ménages et notre système de sécurité sociale exige une réforme urgente pour s’adapter aux nouvelles donnes démographiques. Il ne faut pas négliger l’accroissement des inégalités qui sont un foyer potentiel de soulèvements sociaux. De même, les risques géopolitiques ne doivent pas être sous-estimés.

Comment appréhender les investissements en portefeuille dans cet environnement ? « Il faut bien reconnaître que l’on paye les actions très cher aujourd’hui. Nous sommes dans une situation de croissance économique molle et l’inflation peut être considérée comme normale. Cependant, on ne peut se priver des actions en portefeuille. Leur rentabilité à long terme est plus importante que celle des autres classes d’actifs », préconise Charles Nollet. Selon ce spécialiste, il est intéressant d’investir dans nos craintes. Si l’on craint que les robots entrainent des pertes d’emploi, prenons une assurance contre ce risque en investissant dans le secteur technologique. Il convient donc d’être conscients des risques qui planent dans la société et d’investir dans ce qui fera notre futur.

Il ne faut cependant pas sous-estimer l’impact des devises. « Le dollar a fortement diminué et l’on peut estimer que l’économie américaine est en fin de cycle. Les actions américaines n’ont pas mal performé mais le poids des technologiques dans les indices est important. Par ailleurs, nos ne voyons pas de hausse des taux significative aux Etats-Unis dans les prochains mois », souligne Frank Vranken, Strategiste chez Puilaetco Dewaay Private Bankers. Quand on analyse l’évolution des marchés en 2017, on constate que les pays émergents et les Etats-Unis ont pris la tête derrière l’Europe et le Japon. Mais quand on convertit ces performances en euros, les marchés émergents et européens ont mieux performé. Dans l’univers des devises, les monnaies nordiques ont mieux résisté par rapport à l’euro. La volatilité sur les marchés est faible pour l’instant. « Mais il ne faut pas négliger non plus la rotation sectorielle qui a eu lieu dans les portefeuilles et dans les indices. Entre 2006 et 2016, la composition du S&P 500 a fortement changé », prévient Frank Vranken. Tous ce qui se passe dans le monde percole dans les portefeuilles. Il faut donc rester attentif aux évolutions géopolitiques, monétaires et des matières premières comme le pétrole, par exemple. Les frileux qui restent en comptes d’épargne doivent, quant à eux, réaliser qu’ils sont en train de perdre du pouvoir d’achat.