Placements / Marchés La banque a placé 500 millions d’euros auprès d’institutionnels. Opération séduction ? Pas que ça.

Pour Belfius, c’est un "énorme succès", souligne le communiqué publié vendredi. La banque détenue à 100 % par l’Etat belge vient de placer un emprunt subordonné de 500 millions d’euros auprès d’investisseurs institutionnels. Il s’agit d’une "dette subordonnée perpétuelle Additional Tier 1" qui peut être assimilée à des fonds propres. Le taux est de 3,625 % alors que la banque dispose d’un "call" (option de remboursement anticipé) à partir de 2025. "Le taux payé peut être considéré comme raisonnable si on le compare avec le niveau de dividendes payés par les banques", nous explique un analyste bancaire. Lequel s’interroge néanmoins sur la réelle utilité de cette opération. Du côté de Belfius, on la justifie notamment par une diversification des sources de financement et un élargissement de la base des investisseurs.

La transaction a de fait été souscrite par plus de 280 investisseurs (dont une majorité d’asset managers) principalement localisés au Royaume-Uni/Irlande (43 %) et en France (18 %) .

Ce financement paraît donc de bon augure pour la prochaine mise en Bourse. Même si du côté de la banque, on ne fait aucun lien entre les deux. Une IPO (Initial Public Offer) sur laquelle le ministre des Finances, Johan Van Overtveldt (N-VA), s’abstient de faire tout commentaire. Y compris sur la solution qui pourrait être trouvée pour les coopérateurs Arco, qui espèrent récupérer une partie de l’argent perdu dans Dexia. Solution qui reste très nébuleuse. Auditionnée à la Chambre, la commissaire à la Concurrence Margrethe Vestager a déclaré que la Commission n’avait reçu aucune information de la Belgique sur un éventuel plan Arco.

"Stratégie efficace"

Pour les analystes de Moody’s, il ne fait en tout cas pas de doute qu’il y aura un intérêt des marchés pour l’introduction en Bourse de Belfius. "Belfius a franchi une étape. Elle a réglé la question du ‘legacy’ (héritage du passé) et, grâce à une stratégie efficace de réduction des risques et de diversification de ses activités, a renoué avec des résultats solides et stables. Elle n’est pas présente à l’international mais elle est plutôt bien placée en Belgique, en particulier dans la banque de détail et sur le secteur des collectivités locales, ainsi que dans l’assurance. A l’instar des autres banques belges, elle a fait des progrès significatifs en matière de maîtrise des coûts par rapport aux autres pays européens. En Belgique, le nombre d’agences par 100 000 habitants est passé de 37 en 2010 à 30 en 2016", soulignent Alain Laurin et Guillaume Lucien-Baugas.