Placements / Marchés Un taux à dix ans qui ne devrait pas susciter l’enthousiasme des foules en Belgique.

Le coupon du bon d’Etat qui sera émis le 4 septembre prochain a été fixé à 0,65 %, a annoncé mardi l’Agence de la dette. La période de souscription sera ouverte du 24 août au 1er septembre inclus, avec versement des fonds le lundi 4 septembre. Il s’agira d’un bon d’Etat à 10 ans. Depuis juin 2015, cette seule échéance de 10 ans est proposée aux particuliers, en raison de la faiblesse des taux d’intérêt. Auparavant, des bons d’Etat à 3, 5 et 8 ans étaient émis. La précédente émission, en juin dernier, était assortie d’un taux de 0,7 % et avait rapporté 4,025 millions d’euros.

L’OLO fait à peine mieux

Inutile de dire que l’enthousiasme des épargnants ne sera pas au rendez-vous : un taux brut de 0,65 % donne en pratique un rendement net de 0,455 %, une fois déduit le précompte mobilier de 30 %. Pour Raphaël Goldwasser, gérant de la société Goldwasser Exchange, "il est clair que le rendement de ces bons est maigre, surtout sur une échéance aussi lointaine. Les obligations d’Etat à 10 ans ou presque, donnent un rendement brut de 0,709 % à l’échéance du 22 juin 2027". Et ici, on a un marché d’une certaine profondeur puisqu’il représente sur cette seule échéance, quelque 12 milliards d’euros. "Il faut aussi tenir compte des frais et de la taxe sur les opérations boursières (TOB)", explique encore Raphaël Goldwasser qui estime que le Trésor ne récoltera une fois encore que quelques millions d’euros.

Un peu de risque, ou rien !

Comment faire pour améliorer le rendement de l’épargne disponible ? Pas évident, reprend le spécialiste du marché obligataire. "Il faut savoir que les obligations d’Etat sont encore en situation de rendement négatif jusqu’à 5 ans… Il faut donc investir à long terme pour dégager un rendement. Et c’est le cas presque général des obligations d’Etat de qualité en euro. Pour obtenir plus, il n’y a pas de secret : il faut prendre un peu plus de risques, soit en qualité d’émetteur, soit en devises." Sur le front des émissions d’entreprises dotées d’un rating (notation financière) de bon niveau, on peut obtenir 1,15 % de rendement brut, pas plus. "Des obligations plus risquées permettent d’obtenir du 3,50 % brut, avec le risque d’un défaut de l’émetteur, comme vient de le rappeler Air Berlin en faillite… Dès lors, le passage par un fonds diversifié s’impose pour l’épargnant", conclut Raphaël Goldwasser.