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Qu’est ce qui a fait que l’Europe, que l’on disait moribonde en 2011, a réussi à se redresser et présente aujourd’hui un bilan favorable ? Pourquoi le regard sur le vieux continent a-t-il été profondément modifié ? Voici le regard optimiste que portent deux économistes sur la vitalité de l’économie européenne.

La zone euro vient de loin. En 2011-2012, la crise de la dette secouait à la fois les marchés et le secteur financier déjà fragilisés par la crise de 2008. Contrairement à la Federal Reserve, la Banque Centrale Européenne avait pris plus de temps à réagir en baissant les taux d’intérêt. Certaines prévisions économiques parlaient alors de bouleversements irréversibles qui entraineraient la chute de l’euro et peut-être la sortie de la Grèce de la zone euro. Certains économistes sont allés jusqu’à prédire des conflits sociaux de grande ampleur qui mettraient en danger nos démocraties.

Pourtant, aujourd’hui, malgré le Brexit et les craintes de la montée des populismes, nous n’en sommes pas là. Qu’est-ce qui a changé ? « Avant tout, nous avons retrouvé un climat de confiance. Auparavant, il y avait une perte de confiance dans les banques et, plus largement, dans l’économie. Aujourd’hui, on assiste à des indicateurs de confiance exceptionnels », analyse Bernard Keppenne, Chief economist chez CBC Banque. Souvent décriée, la Banque Centrale Européenne a aussi fait du « bon boulot ». Ses interventions ont porté leurs fruits et le quantitative easing a eu un effet positif sur la croissance. « L’Europe a su prendre des mesures qui ont réussi à convaincre. On a aussi assisté à des progrès dans les pays du Sud de l’Europe tels que l’Espagne ou la Grèce. Les salaires s’y sont ajustés, ce qui a permis d’éliminer les problèmes de manque de compétitivité », assure Etienne de Callataÿ, Président d’Orcadia Asset Management.

Nous avons également assisté à un changement dans le climat politique en 2017. La France a vu émerger un projet novateur après avoir réussi à évincer la montée des populistes. Certains avaient prédit l’effondrement de l’euro si Donald Trump était élu. Or, c’est le contraire qui s’est passé ! « Contrairement à toute attente, le Brexit et l’élection de Trump ont renforcé le sentiment pro-européen. L’Europe est plus solidaire », ajoute Bernard Keppenne. Autre élément favorable : la reprise de la consommation intérieure dans un contexte où l’économie mondiale se porte bien.

Et comment peut-on entrevoir l’avenir à court terme pour le « vieux continent » ? « L’année 2018 devrait être très bonne, voire meilleure que 2017, d’un point de vue économique. Il y a, d’une part, la dynamique accumulée en 2017 et, d’autre part, les acquis de la croissance. C’est rare de voir une telle convergence des facteurs économiques. La baisse du chômage percole aussi dans les esprits des ménages », note avec optimisme Etienne de Callataÿ.

Du côté des risques potentiels à venir, les deux économistes en présence pointent d’éventuels difficultés dans la gestion des flux migratoires ou encore l’éventualité d’une perte de confiance dans deux moteurs de l’économie : la Chine et la BCE. « Le danger serait de s’éveiller un jour avec le doute mais tant que la confiance règne, il n’y a pas de crainte existentielle », ajoute Etienne de Callataÿ. L’ampleur de la digitalisation doit aussi être gardée à l’œil. D’une part, nous avons accumulé un retard dans ce domaine et, d’autre part, nous ne sommes pas à l’abri d’un cygne noir sous la forme d’une cyberattaque d’envergure. Quoiqu’il en soit, force est de constater que l’Europe a su se redresser et faire face aux Cassandre qui prédisaient sa chute.


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