Placements / Marchés Il n’existe pas à proprement parlé de définition des pays émergents. On pourrait les décrire comme des pays inachevés en terme d’infrastructure financière mais faisant preuve d’une forte croissance. Certains pays sont classés dans cette catégorie en fonction de critères tels que le niveau du PIB ou de leur niveau d’endettement. Les pays émergents ont généralement amorcé une libéralisation de leur économie et le rôle de l’Etat dans l’économie va en s’amenuisant. Les pays émergents se caractérisent par une forte croissance économique mais le PIB par habitant demeure bien inférieur à celui des habitants des pays développés.

Ils sont en route vers un développement de leurs infrastructures (routes, aéroport,…), de leur système social (développement d’une classe moyenne, exode rural vers les villes,…), de leur système financier (émergence de banques locales réglementées, de marchés boursiers liquides et efficaces…) et parfois de leur régime politique (démocratisation et diminution du rôle de l’état dans l’économie). L’épargne se convertit peu à peu vers une consommation interne en croissance.

Un pays émergent est donc un pays dont l’économie est en transition. La croissance d’un tel pays n’est plus basée comme auparavant sur l’exploitation agricole mais sur une industrie nouvelle et en pleine expansion. Un pays émergent aujourd’hui est un pays développé de demain. Ce fût le cas, il y a plusieurs années, de pays comme Hong Kong ou Singapour, par exemple.

Qui sont les pays émergents aujourd’hui ? On peut distinguer plusieurs grandes zones géographiques. L’Asie est une des régions émergentes dont la croissance est la plus forte avec des pays comme l’Inde, la Chine et la Corée véritables leaders de la croissance. L’Europe de l’Est a connu des réformes importantes lors de son passage à l’économie de marché. L’Amérique Latine fait aussi partie de la zone émergente. On a assisté dans la plupart des pays andins à une meilleure gestion macroéconomique, à une stabilisation de la situation politique et à la création du Mercosur qui a renforcé l’intégration économique de ces pays. Le Brésil sort grand gagnant dans la zone latino-américaine. Certains pays d’Afrique et du Moyen-Orient offrent également de belles possibilités de croissance comme la Turquie ou l’Afrique du Sud.

Parmi ces pays, on peut distinguer les émergents des émergents, les gagnants de la catégorie. Il s’agit des pays BRICS pour Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud (South Africa). Les BRICS ont un potentiel humain très important. C’est ce qui fait la force de ces économies. Les pays EMEA sont les pays d’Europe de l’Est, du Moyen-Orient et d’Afrique (Europe, Middle-East, Africa). Le terme MENA est également utilisé pour qualifier les pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord (Middle-East et North Africa).

Si les BRICS sont les émergents en développement, on distingue également les « pays frontières » qui sont les émergents de demain. Ce sont des marchés dans leur première phase de croissance. Ils ne font pas encore partie des marchés émergents car la liquidité de leurs marchés des capitaux est encore insuffisante. Ils sont plus petits et moins développés que les pays émergents. Par rapport aux pays émergents, les revenus de la population sont encore assez bas et, de ce fait, ils ne peuvent pas encore soutenir une croissance intérieure suffisante.

De nombreux marchés frontières sont de grands producteurs de matières premières comme le pétrole, le gaz et les métaux précieux. Ces produits connaissent une demande soutenue au niveau international. Des infrastructures s’y développent également et présentent des opportunités pour les secteurs de la construction, des transports et des télécommunications. Parmi les pays frontières, on trouve le Botswana (un des plus grands producteurs de diamant au monde), le Kazakhstan riche en pétrole ou encore le Nigeria, l’Ukraine et le Vietnam. Ces pays présentent évidemment des risques que l’on pourrait qualifier d’erreurs de jeunesse : l’illiquidité des marchés, le manque d’information et de transparence, des systèmes politiques encore fragiles ou encore l’absence de cadres légaux développés et une corruption parfois importante. La plupart de ces pays sont dans le même état que les pays émergents il y a une vingtaine d’années et pourraient donc avoir un bel avenir devant eux. Les gestionnaires commencent à les intégrer dans les portefeuilles ou à créer des fonds qui leur sont dédiés. Ces fonds ne sont cependant pas encore disponibles pour le grand public en raison essentiellement du caractère relativement illiquide de leurs sous-jacents.