Placements / Marchés

L'euro a atteint jeudi un nouveau plus bas depuis mars face au dollar, après un discours du gouverneur de la Banque centrale européenne (BCE) Mario Draghi qui divise les analystes.

Vers 14H30 GMT (16H30 heure de Paris), l'euro valait 1,2117 dollar après avoir atteint son plus bas niveau depuis début mars vers 14H20 à 1,2115 dollars. Mercredi vers 21H00 GMT, l'euro valait 1,2161 dollar.

La monnaie unique européenne perdait du terrain face à la devise japonaise à 132,42 yens, contre 133,07 yens la veille au soir.

Le billet vert reculait aussi face à la monnaie nipponne à 109,27 yens, après avoir atteint en début d'échanges asiatiques un nouveau plus haut depuis février à 109,47 yens. Mercredi, vers 21H00 GMT, le dollar valait 109,43 yens.

Comme prévu par les analystes, la BCE a laissé ses taux inchangés.

En revanche, les propos de Mario Draghi, particulièrement scrutés par les analystes, n'ont pas été perçus de la même manière par tous les acteurs du marché.

Si M. Draghi a adopté un ton "moins prudent qu'attendu", pour Lee Hardman, analyste pour MUFG, il a au contraire été "un peu plus frileux" concernant les perspectives économiques, selon Carsten Brzeski, économiste chez ING.

M. Draghi a dit observer une "certaine modération" de la croissance en zone euro et s'est inquiété de l'aggravation des "menaces protectionnistes", mais, en même temps, il n'a pas signalé de changement dans sa politique monétaire, qu'il compte progressivement normaliser.

"La BCE continue de s'attendre à une future croissance solide et reste confiante concernant son objectif en matière d'inflation", légèrement en dessous des 2%, a poursuivi M. Hardman, pour qui les inquiétudes soulevées sur les menaces protectionnistes étaient trop lointaines et vagues pour retenir l'attention des marchés.

"Il a conclu en indiquant que les risques mondiaux étaient dans l'ensemble équilibrés", a ajouté Alastair George, économiste à l'Edison Investment Research.

"Contrairement aux précédentes réunions, la BCE n'a mentionné que des raisons de craindre une baisse (de la croissance) et n'évoque plus la possibilité d'un emballement", a néanmoins souligné M. Brzeski.

Ces divergences de points de vue se sont répercutées sur le cours de l'euro qui s'est d'abord apprécié face au dollar, lors de la conférence de presse, avant de retomber à un nouveau plus bas depuis mars.

Concernant, le calendrier de normalisation, comme attendu, rien n'a filtré, M. Draghi se contentant d'affirmer que l'institution n'avait pas encore discuté de la prochaine réunion qui doit se tenir en juin.

Confrontée récemment à une série de mauvais indicateurs dans la zone euro, la monnaie unique s'est affaissée en une semaine face au dollar qui, lui, a profité de la hausse des rendements du Trésor à des niveaux plus vus depuis plusieurs années.

La hausse des rendements signifie que le marché s'attend à un relèvement des taux directeurs de la Réserve fédérale américaine, ce qui aurait comme conséquence de rendre le dollar plus rémunérateur et donc plus attractif pour les cambistes.

Vers 14H30 GMT, l'or valait 1.318,50 dollars, contre 1.323,12 dollars mercredi à 21H00 GMT.

Le bitcoin valait 8.770,88 dollars, contre 9.073,19 dollars mercredi soir, selon des chiffres compilés par le fournisseur de données financières Bloomberg.

La monnaie chinoise valait 6,3313 yuans pour un dollar, contre 6,3266 yuans mercredi à la clôture.