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L'euro baissait mardi face à un dollar, alors que tous les regards étaient tournés vers les tensions commerciales grandissantes entre les Etats-Unis d'un côté, et l'Union européenne et la Chine de l'autre.

Vers 14H00 GMT (16H00 heure de Paris), la monnaie unique européenne valait 1,1665 dollar contre 1,1704 dollar lundi à 21H00 GMT et 1,1651 dollar vendredi soir.

La devise européenne reculait face à la monnaie nipponne à 128,14 yens, contre 128,48 yens lundi soir.

Le dollar, lui, montait face à la devise japonaise à 109,85 yens, contre 109,77 la veille.

Selon les analystes, l'attention du marché reste principalement fixée sur la crainte croissante d'une escalade des tensions commerciales entre les États-Unis et ses partenaires.

Lundi, des informations de presse évoquaient un possible blocage des investissements d'entreprises chinoises dans le secteur américain des technologies ainsi que des restrictions à l'exportation de technologies américaines vers la Chine.

"L'anxiété à propos de comment les autres pourraient répliquer aux politiques protectionnistes de M. Trump va probablement dominer l'humeur du marché tout au long de la semaine", a prédit Jameel Ahmad, analyste pour FXTM.

Selon lui, la décision du constructeur de motos américain Harley-Davidson de transférer une partie de sa production hors des Etats-Unis pour éviter les taxes européennes, "fournit une indication sur la manière dont les grandes entreprises prennent très au sérieux les craintes de guerre commerciale".

Côté indicateurs, les cambistes digéraient l'indice de la confiance des consommateurs aux Etats-Unis pour juin, publié par le Conference Board, qui s'est établi à 126,4 contre 128 le mois précédent. L'indice, bien que légèrement inférieur aux attentes, reste à un niveau élevé.

Après les bons chiffres d'avril et mai, les investisseurs étaient "curieux de voir si les Américains font toujours fi des gros titres sur les guerres commerciales et les représailles, préférant se concentrer sur des préoccupations domestiques plus palpables comme le chômage ou la croissance des salaires", a expliqué Jasper Lawler, analyste pour London Capital Group.

Avec un taux de chômage tombé à 3,8% en mai, les Etats-Unis n'ont pas connu un tel niveau d'emploi depuis 18 ans.

Les tensions commerciales pourraient également pénaliser la monnaie unique, ont estimé les analystes de S&P Global Ratings.

En cas d'escalade, "les pays dans une phase moins avancée de leur cycle économique, comme l'Italie, seront probablement plus durement frappés. Cela pourrait rendre d'autant plus difficile la tache de la BCE pour normaliser sa politique (monétaire), étant donné la nature +universelle+ de l'union monétaire", ont-ils souligné.

Il y a deux semaines, la Banque centrale européenne a ainsi annoncé qu'elle ne s'attendait pas à relever ses taux avant la fin de l'été 2019, faisant plonger la monnaie unique.

La devise européenne s'était néanmoins repris la veille, aidée par un indicateur économique allemand meilleur qu'attendu. En fin de semaine dernière, l'euro avait déjà bénéficié du redressement de la croissance de l'activité privée en zone euro en juin et de données sur la France et l'Allemagne meilleures que prévu.

Vers 14H00 GMT, l'once d'or valait 1.259,50 dollars, après être tombée à 1.254,79 vers 12H15 GMT, son plus bas niveau depuis décembre. La veille vers 21H00 GMT, l'once valait 1.265,61 dollars.

La monnaie chinoise valait 6,5858 yuans pour un dollar, son plus bas niveau depuis décembre, contre 6,5410 yuans lundi à 15H30 GMT.

Le bitcoin valait 6.177,83 dollars, contre 6.250,81 dollars lundi soir, selon des chiffres compilés par Bloomberg.