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L'euro grimpait jeudi à de nouveaux sommets face au dollar depuis décembre 2014, recevant un coup de pouce de propos encourageants de la Banque centrale européenne (BCE) sur l'économie de la zone euro et profitant toujours d'un accès de faiblesse du billet vert. L'euro est monté jeudi vers 14H00 GMT à 1,2537 dollar, son niveau le plus élevé depuis mi-décembre 2014.

La monnaie unique européenne grimpait également face à la devise japonaise, à 136,17 yens pour un euro contre 135,53 yens mercredi soir.

Le billet vert perdait du terrain face à la monnaie nippone, à 109,04 yens pour un dollar - tombant même vers 14H00 GMT à 108,64 yens, son niveau le plus faible en quatre mois et demi - contre 109,24 yens la veille au soir.

Les cambistes concentraient jeudi leur attention sur la zone euro et une conférence de presse du président de la BCE Mario Draghi suivant le maintien inchangé des taux directeurs de l'institution.

M. Draghi a évoqué jeudi le récent renforcement de l'euro en indiquant que la BCE va "surveiller" la volatilité de la monnaie unique, un mouvement qui créée des "incertitudes" et pose des risques pour la stabilité financière.

Pour Viraj Patel, analyste chez ING, en se focalisant sur la volatilité de l'euro et non sur son niveau , M. Draghi "enfonce des portes ouvertes" en soulignant que les banques centrales ne souhaitent pas voir de forts mouvements sur leur devise, et ce n'est pas un discours qui peut convaincre les cambistes d'arrêter d'acheter de l'euro.

Surtout, M. Draghi a mis en avant la solidité de la croissance économique en zone euro, renforçant quelque peu la confiance des cambistes dans les perspectives de la monnaie unique.

Et comme l'a souligné Martin Essex, analyste chez DailyFX, avant la prise de parole de M. Draghi, l'orientation du marché restait dictée principalement par les commentaires la veille du secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin.

Le billet vert était lesté par "les inquiétudes accrues sur un glissement vers plus de protectionnisme de la politique économique (des États-Unis) sous l'administration Trump et son désir de voir un dollar plus faible", a commenté Lee Hardman, analyste chez MUFG.

Lors de son intervention mercredi au Forum économique mondial de Davos, M. Mnuchin a affirmé qu'un "dollar plus faible" était "bon" pour les États-Unis puisqu'il favorisait le commerce extérieur américain, faisant voler en éclat le discours en vigueur depuis plusieurs décennies qui assure qu'un dollar fort est dans l'intérêt du pays. Il a par la suite souligné que les États-Unis n'étaient "pas préoccupés à court terme" par le niveau faible du dollar.

Ces propos ont provoqué une dégringolade du billet vert face aux autres grandes devises mondiales.