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L'euro grimpait encore mardi face à un dollar qui démarre 2018 déstabilisé par la faiblesse de l'inflation américaine, qui pourrait entraver la politique de hausse des taux de la Réserve fédérale américaine (Fed).

Vers 14H00 GMT (15H00 à Paris), l'euro valait 1,2050 dollar, ayant atteint 1,2081 dollar, à son plus haut depuis près de quatre mois à 10H45 GMT, contre 1,2005 dollar vendredi vers 22H00 GMT.

La monnaie unique européenne reculait un peu face à la devise japonaise à 135,17 yens, après avoir atteint 135,63 yens, à son plus haut depuis 14 mois et demi vers 07H40 GMT, contre 135,28 yens vendredi soir.

Le billet vert reculait face à la monnaie nipponne à 112,19 yens contre 112,69 yens vendredi.

Depuis le passage aux Etats-Unis de la réforme fiscale, grand projet du président Donald Trump, le billet vert recule face aux grandes monnaies.

"L'enthousiasme créé au quatrième trimestre par la réforme fiscale semble avoir diminué tandis que les craintes sur la faiblesse de l'inflation, elles, sont toujours bien présentes", a résumé Lukman Otunuga, analyste chez FXTM.

La Fed est engagée dans un processus de normalisation de sa politique monétaire qui passe par une hausse de ses taux directeurs, mais l'institution pourrait être incitée à la prudence pour éviter une trop faible hausse de prix aux Etats-Unis.

"Nous nous attendons à ce que le FOMC (le comité de politique monétaire de la Fed) n'effectue que deux hausses des taux en 2018", a ainsi prévenu Derek Halpenny, analyste chez MUFG.

"La direction du couple euro-dollar a tout de même d'abord été fixée par les données sur l'activité manufacturière en zone euro", a commenté James Hughes, analyste Axi Trader.

La croissance du secteur manufacturier français a atteint en décembre son plus haut niveau depuis 17 ans, soutenue par une forte demande, et devrait se maintenir cette année, selon l'indice PMI de l'industrie manufacturière publié mardi par le cabinet Markit.

Cet indice, qui mesure la performance globale du secteur, s'est établi à 58,8 points en décembre, contre 57,7 le mois précédent, soit la plus forte croissance du secteur depuis septembre 2000.

"L'année 2017 a été bien meilleure qu'on ne l'attendait et ces dernières données renforcent l'idée que la zone euro, longtemps à la traîne, pourrait désormais faire partie des moteurs de la croissance mondiale", a estimé David Cheetham, analyste chez XTB.

Certains analystes incitaient cependant à la prudence en ce début d'année.

"Les investisseurs parient actuellement autant sur une hausse de l'euro qu'ils ne le faisaient sur une hausse du dollar au début de l'année dernière, et nous savons comment cela a tourné", ont prévenu les analystes de Société Générale, pour qui "l'année ne commencera pas vraiment avant vendredi", et les données sur l'emploi américain pour décembre.

Vers 17H00 GMT, la livre britannique baissait face à la monnaie unique européenne, à 88,60 pence pour un euro, et poursuivait sa hausse face au billet vert, à 1,3600 dollar pour une livre, à son plus haut depuis plus de trois mois.

La devise suisse se stabilisait face à l'euro, à 1,1711 franc suisse pour un euro, et montait face à la devise américaine, à 0,9719 franc pour un dollar, atteignant vers 10H40 GMT 0,9700 franc, à son plus fort depuis trois mois.

La monnaie chinoise valait 6,4930 yuans pour un dollar vers 15H30 GMT, ayant atteint 6,4910 yuans, à son plus fort depuis près de quatre mois, vers 07H10 GMT, contre 6,5075 yuans pour un dollar vendredi vers 15H30 GMT.

L'once d'or valait 1.312,05 dollars au fixing du soir, ayant atteint vers 14H55 GMT son plus haut depuis plus de trois mois à 1.314,66 dollars, contre 1.296,50 dollars au fixing de vendredi matin, dernier fixing de 2017.

Le bitcoin s'établissait à 13.739,02 dollars contre 14.310,94 dollars vendredi vers 22H00 GMT, selon des chiffres compilés par le fournisseur de données financières Bloomberg.