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La Banque d'Angleterre (BoE) a relevé jeudi son taux directeur pour la première fois depuis la crise financière internationale, le portant à 0,50% afin de tenter de contrer une inflation accélérée depuis le vote en faveur du Brexit.

Elle a aussi légèrement abaissé sa prévision de croissance pour 2017, à 1,6% contre 1,7%, tout en maintenant ses prévisions pour 2018 à 2019, à respectivement 1,6% et 1,7%. Elle ne semble donc pas pour l'instant prévoir de choc majeur pour la croissance britannique, alors que le Royaume-Uni doit sortir de l'Union européenne en mars 2019. Pour 2020, elle prévoit que la croissance pourrait atteindre 1,7%.

Sur les neuf membres du Comité de politique monétaire (CPM) de la BoE, seuls deux ont voté pour le maintien du taux directeur à son niveau historiquement bas de 0,25%, auquel il avait été abaissé en août 2016. Les sept autres responsables, dont le gouverneur Mark Carney, ont voté pour la hausse du taux directeur.

C'est la première fois que l'institut d'émission relève son taux directeur depuis juillet 2007. Il ne fait que revenir au niveau de 0,5% auquel il était fixé au moment du vote pour le Brexit, une décision qui avait poussé l'institut à l'abaisser pour aider l'économie britannique à encaisser le choc.

Le Comité a décidé par ailleurs à l'unanimité de laisser inchangés ses programmes de rachats d'actifs. La décision de la BoE a entraîné une baisse de la livre sterling face à l'euro et au dollar.

Les membres du CPM se sont toutefois accordés pour dire que toute hausse éventuelle des taux au-delà de novembre le serait à un rythme progressif et à une étendue limitée.

Comme elle l'avait laissé entendre à l'occasion de sa précédente décision monétaire en septembre, la banque centrale britannique a néanmoins choisi d'agir cette fois, au moment où l'inflation devrait avoir atteint un pic, estimé par les experts de la banque à 3,2% sur un an en octobre.

Ce pic est toujours la conséquence de la forte dépréciation de la livre britannique après le vote pour le Brexit en juin 2016 mais découle aussi d'une récente hausse des prix de l'énergie, a souligné l'institution.

'Risques considérables'

La BoE s'attend à ce que les pressions de l'inflation importée, liées à la chute de la livre, diminuent progressivement lors de l'année prochaine. Dans le même temps, les pressions inflationnistes sur le plan national devraient s'étoffer, notamment du fait d'une reprise attendue de la hausse des salaires.

Parmi les éléments qui ont poussé une majorité du CPM à voter pour la hausse du taux, les responsables ont constaté que le taux de chômage britannique est au plus bas depuis 42 ans et en dessous du niveau d'équilibre estimé par la BoE à 4,5%. Les indicateurs publiés depuis la réunion de septembre ont globalement été un peu meilleurs qu'attendu de surcroît.

Dans l'ensemble, la BoE ne dépeint pas pour autant un tableau de l'économie brillant, continuant de mettre en avant la faiblesse de la croissance des salaires et de la consommation des ménages.

"La décision de quitter l'Union européenne a un impact notable sur les perspectives économiques", a souligné la banque centrale. "Les incertitudes associées au Brexit pèsent sur l'activité (au Royaume-Uni) qui a ralenti malgré une hausse significative de la croissance mondiale", a relevé la BoE.

Dans l'ensemble, "des risques considérables continuent de peser sur les perspectives" de l'économie britannique, des risques qui incluent la réaction des ménages, des entreprises et des marchés financiers à l'évolution du processus de sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne (UE).

La BoE se tient également toujours prête à agir en cas de changement des perspectives économiques tout en rappelant qu'elle ne peut pas empêcher les ajustements inévitables qui découleront des nouveaux accords commerciaux internationaux du Royaume-Uni suite au Brexit.