Placements / Marchés

La Bourse de Francfort a ouvert lundi en repli, au lendemain d'élections législatives allemandes ayant reconduit la chancelière Angela Merkel mais également permis l'irruption du parti nationaliste AfD au Bundestag.

Vers 07H30 GMT, l'indice vedette Dax cédait 0,15% à 12.573,29 points et le MDax des valeurs moyennes 0,10% à 25.592,86 points.

"Comme escompté, la chancelière Merkel a certes remporté l'élection, mais la soirée électorale n'a pas été exempte de surprises", relève Milan Cutkovic, analyste d'AxiTrader.

La formation d'un gouvernement dans la première économie européenne s'annonce ardue. Laminés, les sociaux-démocrates du SPD ont décidé de quitter la coalition avec la chancelière et de rejoindre les bancs de l'opposition.

La seule solution pour les conservateurs (CDU/CSU) d'Angela Merkel est une alliance inédite au niveau national avec les Libéraux du FDP et les Verts.

La disparition de la possibilité de rééditer la coalition avec les sociaux-démocrates, présente dans les scénarios des analystes, "augmente l'incertitude" d'où le démarrage morose du Dax, souligne Clemens Bundschuh, analyste de la banque LBBW.

Les médias allemands étaient par ailleurs sous le choc lundi matin après la percée de la droite nationaliste et anti-immigration de l'AfD, qui siègera pour la première fois à la chambre des députés.

Pour Holger Schmieding, de Berenberg, le résultat des élections est une "surprise modeste", les conservateurs et sociaux-démocrates ayant fait un peu moins bien qu'escompté par les sondages d'avant élection et l'AfD et le FDP un peu mieux.

L'économiste se prépare à des tractations longues, avec une coalition qui ne pourrait être formée que "peu avant Noël", mais n'attend "pas de changement significatif de la politique européenne et internationale" de l'Allemagne.

Sur le plan intérieur, le gouvernement "devra passer à la vitesse supérieure : réformes fiscales et politiques publiques pro-investissement sont attendues pour enfin dépasser les 2% de croissance", estime Ludovic Subran, chef économiste d'Euler Hermes.

A plus court terme, la place francfortoise s'intéressera au baromètre Ifo du moral des entrepreneurs en septembre, attendu à 08H00 GMT. Il devrait retrouver son niveau record enregistré en juillet, à 116 points, après un recul minime à 115,9 points en août, selon les analystes interrogés par le fournisseur de services financiers Factset.

Sur le Dax, Lufthansa signait le meilleur début de séance (+1,42% à 23,20 euros). Le groupe aérien est donné comme favori pour reprendre une bonne partie des activités de la compagnie en crise Air Berlin. Le britannique Easyjet semble également bien placé.

Le conseil de surveillance d'Air Berlin, compagnie cotée hors indices (+0,46% à 0,43 euro), se réunit et doit annoncer dans l'après-midi des "décisions concrètes" quant aux offres de reprises qui ont été déposées.

Siemens affichait un recul de 0,17% à 116,35 points. Selon le quotidien allemand des affaires Handelsblatt citant des sources au sein de l'entreprise, son conseil de surveillance doit se pencher mardi sur deux rapprochements possibles, soit avec le français Alstom, soit avec le canadien Bombardier, pour former un géant ferroviaire. "Un accord équilibré, acceptable pour les deux parties" a été négocié entre Alstom et Siemens, même si aucune décision n'a été prise, ont indiqué ces sources.

Le journal indique que la structure commune avec Alstom pourrait être basée à Paris et cotée à la Bourse de Paris.

Thyssenkrupp était en nette baisse (1,32% à 24,69 euros). Son conseil de surveillance a décidé de créer un groupe de travail entre direction et salariés pour faciliter la fusion de l'activité acier européen du groupe avec celle de l'indien Tata.

L'énergéticien RWE fermait le bal et perdait 3,66% à 19,49 euros.