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La Bourse de Tokyo a fini mardi à son plus haut niveau depuis 25 ans, progressant de 1,73% sur fond de détente face aux risques géopolitiques et d'anticipation de bénéfices solides pour les entreprises.

L'indice vedette Nikkei a gagné en clôture 389,25 points, finissant à 22.937,60 points (+1,73%), soit son plus haut niveau depuis janvier 1992.

Il évoluait déjà depuis plusieurs semaines à ses plus hauts niveaux depuis 1996. Et, entre septembre et octobre, il a réalisé une impressionnante série de 16 séances de hausse consécutives, son record absolu en la matière.

De son côté, l'indice élargi Topix a gagné 1,15%, à 1.813,29 points (+20,63 points).

Sur le marché des changes, le dollar faiblissait mardi par rapport au yen, à 113,99 yens pour un dollar contre 114,36 yens lundi à la clôture de la Bourse de Tokyo. L'euro se dépréciait aussi légèrement face à la monnaie nipponne, s'échangeant à 132,33 yens pour un euro, contre 132,80 yens lundi.

"Les investisseurs étrangers achètent activement sur des attentes de bénéfices d'entreprises solides", a déclaré à l'AFP Hiroaki Hiwata, analyste de Toyo.

"Le sentiment des investisseurs a été soutenu par la stabilité politique au Japon", après la victoire confortable du Premier ministre Shinzo Abe lors des élections législatives le mois dernier, a-t-il ajouté.

Les analystes ont également souligné le soulagement des investisseurs qui avaient craint des annonces susceptibles de perturber le marché lors de la tournée du président américain Donald Trump en Asie, alors que les tensions persistent autour de la Corée du Nord.

Sur le front des valeurs, l'action SoftBank, en baisse au début des échanges, a fini en hausse de 1,15% à 10.060 yens. Lundi, le groupe de télécommunications avait publié un bénéfice net en forte chute (-86,6%) au premier semestre (avril à septembre), en raison d'un effet de comparaison défavorable par rapport au même semestre de l'exercice précédent, au cours duquel il avait profité de gains exceptionnels.

Cette annonce a accentué la pression sur Softbank, qui a aussi souffert de l'annonce samedi de l'abandon de son projet de fusionner sa filiale Sprint, quatrième opérateur mobile aux États-Unis, avec le numéro trois du secteur T-Mobile, filiale de l'allemand Deutsche Telekom.

Les valeurs technologiques ont nettement progressé, profitant de l'annonce lundi par le groupe américain de semi-conducteurs Broadcom d'une offre de rachat non sollicitée sur son concurrent américain Qualcomm, pour un montant total de 130 milliards de dollars, ce qui constituerait l'une des plus grosses opérations de ce type dans les nouvelles technologies.

Renesas Electronics a ainsi grimpé de 5,11%, à 1.499 yens, et Rohm a gagné 0,43%, à 11.460 yens.

Le constructeur automobile Nissan a perdu 0,22%, à 1.111 yens. Le groupe avait annoncé lundi soir qu'il allait relancer mardi l'essentiel de sa production au Japon de véhicules destinés au marché national, suspendue le 19 octobre pour en finir avec de mauvaises pratiques de certification.

Toyota a pris 0,19%, à 7.183 yens, avant sa publication de résultats. Après la clôture de la Bourse, le géant japonais de l'automobile Toyota a de nouveau relevé mardi ses prévisions annuelles, grâce à la baisse prolongée du yen et à la réduction de ses coûts.

Mitsubishi Motors a fini en hausse de 0,77%, à 905 yens. Le constructeur automobile a publié mardi des résultats semestriels en nette progression, revenant dans le vert avec un bénéfice net de 48,38 milliards de yens (366 millions d'euros au cours actuel), contre une perte nette de près de 220 milliards de yens sur la même période en 2016, tandis que ses ventes semestrielles ont grimpé de 9,6% sur un an.