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Les marchés boursiers américains grimpent depuis huit ans. Les investisseurs ne s'inquiètent pas des tensions géopolitiques. Pourtant, un conflit armé avec la Corée du Nord serait (aussi) destructeur de valeur à l'échelle planétaire.

En février 2009, après une très lourde chute des valeurs cotées à la bourse de New York, les acheteurs revenaient en Bourse. On tentait alors de juguler les effets sur l'économie réelle de la crise financière née de l'abus de "subprimes". Depuis, Wall Street a créé une nouvelle génération d'investisseurs qui ont vu leur portefeuillle tripler de valeur, si l'on se base sur l'évolution de l'indice Dow Jones.

Un cataclysme en vue ?

Dans une lettre d’information financière diffusée mardi, les économistes de Saxo Banque évoquent un baromètre qui n’a rien de financier : l’indicateur de risque géopolitique (GPR) qui est à son plus haut niveau depuis l’invasion de l’Irak en 2003. A cette époque, rappellent les analystes, cet indicateur était arrivé à 455, et il se situe actuellement à 284. Mais il ne faut pas être grand clerc pour juger de l’état de tension qui existe entre les grandes puissances, en raison du bras de fer entre les Etats-Unis et la Corée du Nord, et leurs alliés respectifs. Pourtant, mis à part l’or qui a entamé une lente montée, les actifs financiers évoluent peu, les marchés boursiers sont apparemment peu soucieux des risques d’une correction. Que se passerait-il, toutefois, si une des parties en présence usait de l’arme nucléaire ?

Pour Bruno Colmant, Head of Macro Research à la Banque Degroof Petercam, "le risque d’un conflit est désormais bien réel, et ses effets seraient cataclysmiques". Au niveau du commerce mondial, Bruno Colmant voit avant tout "la fin abrupte de la mondialisation, avec un arrêt brutal de la consommation des produits asiatiques. Le marché d’exportation chinois serait anéanti et cela aurait des effets négatifs sur l’économie, bien plus importants qu’au début de la crise financière et économique en 2008-2009".

L’or recherché, comme les autres valeurs refuge

Les investisseurs ne pourraient plus ignorer dans ce cas l’impact d’un conflit sur les résultats des entreprises cotées. "Il faut s’attendre, bien entendu, à une forte chute des valeurs cotées en Bourse. On assisterait dans un délai très bref, à l’effacement de la hausse affichée par la Bourse de New York depuis la victoire électorale de Donald Trump, soit un peu plus de 2 000 points pour l’indice Dow Jones. Il faut s’attendre à une correction initiale de 20 à 25 %."