Placements / Marchés

Par Isabelle de Laminne, Responsable du blog www.moneystore.be


Le fonds souverain étatique géré par Norges Bank Investment Management vient de battre un record : ses actifs sous gestion ont atteint 1.000 milliards de dollars, ce qui en fait le plus grand fonds gouvernemental au monde. Ce montant correspond au Produit Intérieur Brut du Mexique. Ce fonds a été construit sur base des revenus pétroliers de la mer du Nord. La politique de fourmi de ce pays, qui a constitué sur base de ces revenus un grand fonds de pension pour ses habitants, a payé. « Le but est d’assurer la prospérité des générations présentes et futures, en maximisant son couple rendement-risque à long terme, tout en respectant un développement économique durable », explique Koen De Leus, Chief Economist chez BNP Paribas Fortis.

Aujourd’hui, les marchés boursiers et la faiblesse du dollar lui permettent d’atteindre ce sommet jamais inégalé. Mais cette force est aussi son talon d’Achille. Quand de telles sommes sont sous gestion, il faut trouver des marchés suffisamment vastes pour y investir et les mouvements d’achats et de ventes risquent d’influencer la direction de ces marchés. On assiste ainsi à des changements dans la politique de gestion du fonds. Il a été décidé de ne pas entrer dans le secteur des infrastructures et de réduire l’exposition aux devises de 23 devises à seulement trois : le dollar, l’euro et la livre sterling. Des stratégies ont également été conçues pour masquer ses opérations de trading. Les frais de fonctionnement sont incroyablement faibles : soit 0,02% de frais de gestion.

Les gestionnaires sont cependant confrontés à deux défis de taille : la faiblesse des taux d’intérêt et la baisse du prix du pétrole, ce qui ramène le niveau de rendement attendu de 4 à 3%. L’autorisation de la participation en actions est passée de 60 à 70% entrainant une baisse de la pondération en obligations. Au sein de la classe obligataire, le fonds a également changé sa politique d’allocation des actifs. « Depuis peu, le fonds a annoncé que cette politique n’était finalement pas concluante, et que dorénavant, son benchmark obligataire serait composé uniquement d’obligations d’état, libellées en dollars, en euros et en livres sterling, et d’une maturité de 10 ans. Exit donc les obligations d’entreprises en yen et en devises émergentes et exit aussi les obligations à très long terme », constate Koen De Leus. Cette décision aura sans nul doute un impact sur les marchés obligataires compte tenu des sommes gigantesques brassées par ce gestionnaire. Le fonds reste aussi renommé pour sa politique de gestion responsable. Chaque année il édite la liste des sociétés qui sont exclues de son univers d’investissement.

Source : Bloomberg


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