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Les Bourses de Hong Kong et de Shanghai plongeaient à l'unisson vendredi, dans des marchés affolés par la perspective d'une guerre commerciale entre la Chine et les Etats-Unis.

Dans les premières minutes après l'ouverture, l'indice composite hongkongais Hang Seng perdait 3,44%, soit 1.068,96 points, à 30.002,09 points.

A la Bourse de Shanghai, l'indice composite chutait à la même heure de 2,78%, à 3.172,77 points. De son côté, la Bourse de Shenzhen, deuxième place de Chine continentale, perdait 3,09%, à 1.792,38 points.

Les marchés chinois s'enfonçaient à l'unisson de la Bourse de Tokyo, dans le sillage du plongeon enregistré la veille à Wall Street, les investisseurs étant hantés par le spectre d'un conflit commercial généralisé après les sanctions annoncés par Washington contre la Chine.

"Les fortes pertes à Wall Street ont ébranlé les marchés mondiaux, et la Chine n'y pas échappé. La raison, ce sont évidemment les sanctions douanières imposées par les Etats-Unis", observe Li Daxiao, analyste du courtier Yingda Securities.

"Cela n'augure de rien de bon, et cela va pénaliser l'économie des deux pays", indique-t-il à l'AFP.

"Tous les marchés asiatiques chutent fortement,le moral des investisseurs est complètement plombé par tout ça", abonde Zhang Yanbing, expert du courtier Zheshang à Shanghai.

Le président américain Donald Trump a déclenché jeudi une offensive commerciale contre la Chine, évoquant des mesures punitives contre des importations chinoises d'un montant pouvant atteindre "60 milliards de dollars". Il accuse le géant asiatique de concurrence déloyale et de vol de propriété intellectuelle.

En réaction, la Chine a aussitôt dévoilé une liste de droits de douane qu'elle pourrait imposer sur des importations de produits américains représentant 3 milliards de dollars, et elle a assuré "ne pas avoir peur d'une guerre commerciale".

Autre facteur pesant sur les Bourses de Shanghai et Shenzhen, selon l'analyste Zhang Yanbing: le relèvement des taux de la Réserve fédérale américaine (Fed), qui avait en retour entraîné jeudi une légère hausse par la banque centrale chinoise (PBOC) d'un de ses taux courts.

"La PBOC a renchéri les coûts d'emprunt" pour les banques se procurant des liquidités auprès d'elle à court terme, et "à long terme, cela affectera les marchés chinois bien davantage que les fantasmes de guerres commerciales", prévient-il.