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Des Russes auraient aidé Nicolas Maduro dans la création de la cryptomonnaie Petro, qui a pour but de se passer du dollar dans le calcul du cours de la matière première. Une monnaie virtuelle qui pourrait, selon Trump, viser à contourner les sanctions appliquées par les américains.

Donald Trump a publié un décret qui interdit "toutes les transactions associant" la devise virtuelle lancée par le Venezuela, le Petro, en raison de ses problèmes de liquidités. Pour le président américain, la cryptomonnaie représente une "tentative de contourner les sanctions américaines", des sanctions financières imposées par les Etats-Unis contre la politique du président socialiste Nicolas Maduro.

Pour rappel, les États-Unis avaient, en 2017, interdit l’achat d’obligations provenant de l’État vénézuélien.

"Persécution illégitime"

Nicolas Maduro a réagi, ce 20 mars, à l’interdiction décrétée par Donald Trump.

"Je dénonce la persécution illégitime, immorale, absurde, du gouvernement impérialiste de Monsieur Donald Trump contre le peuple vénézuélien", a-t-il déclaré.

À travers cette interdiction qui vise le Petro, Trump s’en prend au Venezuela mais peut-être aussi la Russie indirectement.

Selon le Time, la création du Petro a été supportée par des hommes d’affaires et des fonctionnaires russes dans le but d’atténuer les sanctions américaines prises à l’encontre du Venezuela.

Toujours selon le magazine, les Russes impliqués dans la création et le développement du Petro essaieraient de minimiser leur rôle dans le projet « Petro ».

Deux conseillers de Nicolas Maduro, Denis Druzhkov et Fedor Bogorodsky, sont visés par le magazine. Ils auraient des liens avec les banques russes ainsi qu’avec des milliardaires proches du pouvoir. Et ils ne seraient pas les seuls.

Le ministère des Finances russe répond quant à lui qu’aucune instance ou autorité financière russe n’étaient impliquées dans la création du Petro.

Un pays au bord du gouffre

Le Venezuela a vu son économie dégringoler depuis la chute du cours du pétrole depuis 2014, où il est passé de plus de 120 dollars le baril à moins de 46 dollars.

Malgré la stabilisation actuelle du prix du baril entre 55 et 70 dollars, le prix du baril reste insuffisant pour le pays. Son économie est basée principalement sur l’exploitation de cette ressource et représente plus de 90% de ses exportations.

Une inflation à 2.610 %

La pression sur les prix via, entre autres, l’augmentation de la production américaine de pétrole ainsi que les sanctions prises par Donald Trump ne sont qu’un nouveau coup dur pour le pays, qui a vu son inflation dépasser les 2.610 % en 2017.