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Les ministres des Finances de la zone euro se fixent deux mois pour s'entendre au sujet des modalités de sortie de la Grèce des programmes d'aide dont elle bénéficie depuis 8 ans, dont des mesures d'allègement de sa dette, sur lesquelles ils restent divisés.

"Le 21 juin est le jour où nous devons prendre la décision qui conduit à la fin de ce programme", a insisté le commissaire européen aux Affaires économiques, Pierre Moscovici, à l'issue d'une réunion à Sofia avec les ministres des 19 pays ayant adopté la monnaie unique, l'Eurogroupe. Cette date correspond à une prochaine réunion de l'Eurogroupe au Luxembourg.

La Grèce, qui a renoué avec la croissance en 2017, après neuf ans d'une profonde récession, doit définitivement quitter le 20 août la tutelle de ses créanciers.

L'accord global sur lequel les Européens aimeraient s'entendre doit comprendre des mesures d'allègement de la dette du pays, qui reste colossale (178% du PIB en 2017).

Mais la question, qui les divise profondément, n'a été que survolée vendredi matin. La France propose un mécanisme automatique qui lie le niveau du remboursement de la dette à la croissance de la Grèce. Cette option a la préférence de la Banque centrale européenne (BCE), qui fait partie des créanciers d'Athènes, avec la zone euro et le Fonds monétaire international (FMI).

"Plus ces mesures pourront être automatiques (...), plus elles peuvent contribuer à construire de la confiance", a expliqué vendredi Benoît Coeuré, membre du directoire de la BCE. Mais les Allemands, principaux créanciers de la Grèce, s'opposent à l'automaticité du mécanisme et ne sont prêts à accorder de telles mesures que si nécessaire.

Quelle que soit l'option finalement choisie, Athènes, qui s'est engagée à mettre en oeuvre des réformes y compris après son départ du programme d'aide, fera l'objet d'un suivi très poussé. Les modalités du mécanisme de surveillance post-programme de la Grèce n'ont pas encore été définies, mais feront partie de l'accord global de juin. "En aucun cas" ce mécanisme ne devra "ressembler à un nouveau programme", a averti M. Moscovici.

Enfin, Athènes et ses créanciers devront aussi avoir bouclé le 21 juin la dernière revue du programme d'aide, c'est à dire que les Grecs devront avoir mis en oeuvre 88 nouvelles réformes en échange de quoi ils bénéficieront d'un nouveau versement financier. Ce versement final, prévu en juillet, pourrait atteindre 10 à 12 milliards, selon deux sources de la zone euro. Il devrait permettre à la Grèce de se constituer un "matelas financier" pour les 18 premiers mois qui suivent sa sortie du programme.

Les créanciers de la Grèce se rendront à Athènes le 14 mai, avec l'objectif d'aboutir à la fin mai à un accord de principe sur cette quatrième revue.

Depuis 2010, la Grèce a bénéficié de trois prêts internationaux de plus de 300 milliards d'euros au total ainsi que d'une restructuration importante de sa dette privée.