Placements / Marchés

Par Isabelle de Laminne, responsable du blog www.moneystore.be.

La société de gestion Schroders a mené une enquête auprès de 22.000 investisseurs à travers le monde afin de sonder leur perception de l’investissement socialement responsable. Près de 80% des personnes interrogées déclarent que ce thème leur paraît plus important aujourd’hui qu’il y a cinq ans. « Ce sont surtout les pays qui avaient du retard dans le développement de ce type de placements qui avouent que les choses ont changé en 5 ans. Pour des contrées comme les Pays-Bas ou les pays nordiques, cette évolution est moins marquée puisqu’elles avaient déjà une belle avance dans ce domaine », reconnaît Wim Nagler, Directeur des ventes Belgique et Luxembourg chez Schroders.

S’ils sont nombreux à reconnaître l’importance des critères socialement responsables, les investisseurs qui déclarent avoir effectivement augmenté leurs investissements de ce type en portefeuille depuis 5 ans ne représentent que 64% de l’échantillon. « Cependant, on constate un changement d’attitude tant à l’étranger qu’en Belgique. Plutôt que de se contenter d’exclure certaines sociétés en portefeuille, les investisseurs sont plus enclins à faire des choix positifs dans des entreprises actives en ISR et qui sont les meilleures de leur catégorie. On peut voir cela comme une forme d’encouragement donné aux sociétés pour mieux agir », explique Wim Nagler.

C’est ainsi que 54% des 415 Belges sondés déclarent avoir augmenté leurs investissements en fonds durables depuis 5 ans. Les Belges commencent donc à prendre conscience de ces enjeux dans leurs portefeuilles et sont plus sophistiqués dans leurs choix d’investissement. On ne constate cependant pratiquement pas de différences de comportements en fonction de l’âge, du genre ou de l’appartenance à une région dans cet échantillon belge.

Pourquoi cet engouement plus marqué pour l’investissement socialement responsable ? La majorité des investisseurs voient dans les investissements durables une façon d’agir concrètement sur les changements sociétaux, sociaux et environnementaux mais aussi sur les profits des sociétés. Ils estiment, par exemple, qu’une société qui a une bonne gouvernance sera plus efficace et donc plus rentable. Mais le rendement des investissements n’est cependant pas négligé. C’est ainsi que 33% des Belges sondés investissent dans ce type de fonds pour le profit qu’ils génèrent alors que 31% le font pour l’image positive qu’ils dégagent. Dans ce cadre, les fonds qui sont centrés sur la santé ou les biotechnologies sont choisis à la fois pour leur impact positif et pour leur rentabilité potentielle alors que les investissements qui privilégient les droits de l’homme, la pauvreté, le respect de l’environnement sont surtout choisis pour leur impact positif.

Mais revenons sur terre : le point sur lequel le Belge veut surtout être informé dans ses investissements c’est l’aspect fiscal. Dans un pays où l’instabilité fiscale est de mise, on peut comprendre que la principale préoccupation des investisseurs soit de cet ordre.


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