Placements / Marchés Quelques mauvaises nouvelles et un avis financier négatif ont fait perdre 20 % à l’action.

L’action de l’entreprise californienne Tesla a encore accru sa chute sur le Nasdaq hier, perdant plus de 5 % d’entrée de jeu sur l’annonce d’un test de sécurité raté par son modèle phare, la Tesla S. Les tuiles s’accumulent pour le constructeur américain de voitures électriques, alors que les premiers modèles commercialisables de son nouvel enfant, la Model 3 devraient sortir d’usine à la fin de ce mois. La chaîne de production doit théoriquement démarrer ce vendredi, en raison du passage réussi des épreuves réglementaires du modèle censé faire entrer Tesla dans le monde de la production automobile de masse grâce à un prix d’achat modéré inférieur à 40 000 dollars.

Renversement de tendance

Mais en Bourse, après avoir adulé l’entreprise et son patron Elon Musk, le courant ne passe plus. Et depuis la fin juin, alors que le titre plafonnait à 386,99 dollars, il ne cesse de baisser. Hier, il se traitait autour de 313 dollars dans un marché très nerveux, alors que le secteur des technologiques est matraqué depuis quelques semaines. C’est qu’un poids lourd de la Bourse, Goldman Sachs, a émis un avis négatif sur le titre, ce qui l’avait déjà fait reculer de 7 % mercredi soir. Les analystes de Goldman Sachs n’y sont pas allés de main morte en estimant que l’action valait tout au plus 180 dollars. Cela étant, la visibilité réelle des analystes sur le potentiel de l’entreprise est nulle. Un autre broker actif sur le marché des valeurs américaines estime pour sa part le titre sous-évalué et l’a assorti d’un objectif de cours à… 464 dollars.

Des voitures plutôt sûres

Bref, les avis sont pour le moins partagés. Dans le public, c’est pareil, il y a les "pour" et les "contre" les bolides électriques conçus par les équipes d’Elon Musk, la personnalité hors normes de ce dernier faisant souvent la différence. Partage aussi entre les organismes faisant passer les tests de sécurité aux voitures de l’entreprise. Une des raisons à la chute du titre jeudi soir était en effet l’échec relatif du Model S à satisfaire au plus haut niveau à un test de sécurité mené par un institut américain spécialisé (IIHS). Tesla a rétorqué que les tests de référence menés par l’agence gouvernementale d’homologation avaient prouvé que ses deux modèles actuels (S et X) étaient les voitures les plus fiables de toutes celles testées, soit les plus sûres de l’histoire automobile américaine. Mais le titre a souffert à la suite de cette nouvelle. Les investisseurs n’ont pas apprécié non plus le léger délai annoncé dans le rythme de production du Model 3 en juillet. Alors qu’il avait avancé le nombre de 1 000 voitures par semaine dès juillet avant une montée en puissance jusqu’à 50 000 par semaine, il a revu ses prévisions à 100 voitures en août. Simple retard à… l’allumage ?