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Les taux d'emprunt en zone euro ont évolué sans direction marquée vendredi, les investisseurs ne prenant aucun risque à deux jours du premier tour de l'élection présidentielle française, dont l'issue paraissait plus ouverte que jamais.

Il est "clair que personne ne va prendre de positions à la veille d'une élection dans un sens ou un autre", a résumé auprès de l'AFP Patrick Jacq, un stratégiste obligataire de BNP Paribas.

"Il y a plusieurs scénarios possibles parce que les quatre principaux candidats sont quand même très proches les uns des autres", ce qui encourage l'attentisme des investisseurs, a-t-il ajouté.

"Le risque majeur qu'intègrent les marchés, c'est que le futur président ou la future présidente de la France soit un candidat souverainiste qui, dans son programme, a un risque de sortie de l'Union européenne", a expliqué M. Jacq, faisant allusion à Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon.

En cas de présence d'Emmanuel Macron au second tour face à Marine Le Pen, qui est le scénario jugé à l'heure actuel le plus probable, même si les écarts dans les sondages restent très faibles, "il y aura une réaction potentiellement légèrement positive", mais pas d'emballement, a estimé le stratégiste obligataire.

Ainsi, le taux d'emprunt français à dix ans s'est légèrement tendu vendredi, après s'être nettement détendu la veille.

"Il y a un certain nombre d'investisseurs", notamment spéculatifs, "qui en janvier et février avaient pris des positions un peu vendeuses sur la France et qui ont réduit cette exposition vendeuse en rachetant pour rester plutôt neutres à la veille des élections", a détaillé M. Jacq.

"Cela a soutenu le taux français, en particulier contre l'Allemagne. On a assisté à une belle réduction du spread (écart entre les taux d'emprunt allemand et français à dix ans, NDLR) en deux jours (à 67,5 points de base contre 74 points de base, mercredi, NDLR), tandis qu'aujourd'hui, c'est le calme" qui domine, a-t-il poursuivi.

À 18H00 (16H00 GMT), le taux d'emprunt à dix ans de l'Allemagne a fini en petite hausse à 0,253% contre 0,244% jeudi à la clôture du marché secondaire, où s'échange la dette déjà émise.

Celui de la France s'est légèrement tendu à 0,940% contre 0,928%.

Le rendement de même maturité de l'Italie a terminé quasiment stable à 2,262% contre 2,268%, celui de l'Espagne suivant la même tendance à 1,695% contre 1,700%.

En dehors de la zone euro, le taux britannique à 10 ans a reculé à 1,034% contre 1,069%.

A la clôture du marché européen, aux États-Unis, le taux à dix ans se stabilisait à 2,216% contre 2,232%, tout comme le taux à trente ans, à 2,872% contre 2,882%, tandis que le taux à deux ans s'affichait à 1,172% contre 1,185% jeudi.