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Le pétrole coté à New York et à Londres a inscrit mercredi à la clôture un nouveau plus haut depuis la mi-décembre 2014, porté par une baisse des stocks américains de brut de 4,9 millions de barils.

Le baril de light sweet crude (WTI) pour livraison en février, référence américaine du brut, a gagné 61 cents pour finir à 63,57 dollars sur le New York Mercantile Exchange (Nymex).

Le WTI a inscrit une troisième séance de hausse de suite, la cinquième en sept journées de cotation depuis le début de l'année.

Sur l'Intercontinental Exchange (ICE) de Londres, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en mars a terminé à 69,20 dollars, en hausse de 38 cents par rapport à la clôture de mardi et au plus haut à la clôture depuis la mi-décembre 2014.

Le département américain à l'Energie (DoE) a dévoilé mercredi une nouvelle baisse hebdomadaire des stocks américains de brut, portant le recul des réserves totales de brut dans le pays à 37,5 millions de barils depuis un mois et demi.

"Les investisseurs ont réagi aux données sur les stocks de brut bien qu'elles aient été inférieures aux prévisions de l'API", a indiqué James Williams de WTRG.

La fédération professionnelle de l'American petroleum institute, dont les statistiques sont réputées moins fiables, avait fait état mardi d'une chute hebdomadaire de 11 millions de barils de brut.

Selon le spécialiste, cet écart dans les prévisions a toutefois justifié un recul du cours du WTI en cours de séance, les cours réagissant également à la forte progression des stocks d'essence (+4,1 millions de barils) et de produits distillés (+4,3 millions).

11 millions de barils

Mais les prix se sont ensuite repris, "les investisseurs pariant sur une hausse des cours prenant le dessus", a ajouté M. Williams.

"L'attention (des investisseurs) est uniquement concentrée sur les informations qui sous-tendent une hausse des prix", avaient déjà estimé les analystes de Commerzbank peu avant la publication des données sur les stocks.

"La perception sélective" du marché selon ces analystes a notamment poussé les investisseurs à ignorer totalement les prévisions de production américaine à horizon deux ans publiées mardi par l'Agence américaine d'information sur l'Energie (EIA).

L'EIA a affirmé que les Etats-Unis extrairont plus de 10 millions de barils par jour en moyenne dès le premier trimestre 2018 et plus de 11 millions d'ici à la fin de l'année 2019, soit davantage que la production de l'Arabie saoudite et de la Russie à la fin 2016.

Ces deux pays sont les piliers de l'accord de baisse de la production qui engage l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et dix autres pays depuis début 2017 et qui a été renouvelé en novembre jusqu'à fin 2018.

"La baisse très marquée des stocks de pétrole rend nécessaire une hausse de la production pour satisfaire une demande mondiale très forte, d'où une poursuite du mouvement de hausse sur les prix", a réagi Phil Flynn de Price Futures Group pour justifier la poursuite du mouvement de hausse des cours.