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L’accord qui vient d’être conclu avec la Grèce n’aura aucun impact sur le bilan des banques belges. Car, au jour d’aujourd’hui, seule la banque en défaisance Dexia a encore une exposition marginale, comme le montrent les chiffres publiés par l’EBA (European Banking Authority). Ses prêts totalisent en effet 43,4 millions d’euros, sur une exposition totale au risque de 164 milliards d’euros à fin 2016.

L’exposition des banques européennes à la dette grecque a été très fortement réduite entre 2010 et 2012, avant la restructuration de la dette grecque décidée dans le cadre du deuxième plan d’assistance. Les banques ont pu en effet, durant cette période, vendre leur papier, certes avec une décote importante. Une grande partie de ces obligations a été rachetée (à un prix réduit) par la Banque centrale européenne, (BCE) dans le cadre du "securities market programme" activé entre la mi-2010 et la mi-2012. Elle les garde jusqu’à échéance. "Elle est remboursée à leur valeur faciale et donc a gagné et va encore gagner de l’argent sur ces opérations", explique Eric Dor, directeur des études économiques à l’IESEG School of Management, Paris et Lille.

Remboursement assisté

Quant à la Grèce, elle rembourse les obligations avec l’argent des fonds européens qui lui sont accordés via le MES (Mécanisme européen de stabilité). Et si la Grèce n’arrive pas à rembourser, les créanciers du MES (fonds d’investissement, etc.) savent qu’ils récupéreront leur mise grâce à l’argent qui a déjà été mis et pourrait encore être mis sur la table par les Etats. En effet tous les Etats membres de la zone euro ont apporté du capital au MES et se sont engagés à en ajouter si nécessaire. "Il n’y a donc aucun risque pour les prêteurs du MES et c’est le contribuable européen qui est le créancier final", poursuit Eric Dor. On peut aussi en déduire que même si les banques ont affiché des pertes entre 2010 et 2012, "elles ont réussi à limiter les dégâts". En effet ce qu’elles détenaient encore en 2012, et qui a subi la restructuration, n’était plus qu’une petite partie de ce qu’elles détenaient initialement. Elles ont ainsi reporté les risques sur le contribuable européen. "Mais les Etats ne l’ont pas fait de gaîté de cœur. S’ils l’ont fait, c’est pour sauver les déposants des banques", explique encore Eric Dor.