Placements / Marchés

Le monde de l’assurance semble être à deux vitesses, du moins en termes de résultats financiers pour l’année 2016, selon les données publiées lundi par Assuralia, la fédération belge du secteur.

Les compagnies dans le vert ont réalisé 1,941 milliard de bénéfices, en nette hausse par rapport à 2015 (1,340 milliard). Les compagnies dans le rouge ont en revanche sensiblement augmenté leurs pertes : 615 millions l’an dernier, contre 169 millions un an plus tôt.

Le bilan 2016 du secteur de l’assurance n’en est pas moins globalement positif en termes financiers. "Les résultats du secteur ont repris des couleurs", souligne à ce sujet Wauthier Robyns, directeur chez Assuralia, dans le bulletin Assurinfo consacré aux résultats 2016 des compagnies d’assurances. "Même en assurance-vie, la rentabilité s’améliore."

En non-vie, (auto, habitation, accidents du travail…), le "combined ratio" - soit le ratio entre les primes perçues et les dépenses effectuées (masse salariale, sinistres et commissions) s’est élevé à 98 % l’an dernier, soit une amélioration de 0,2 % sur un an. De quoi permettre aux responsables d’Assuralia d’estimer que la base structurelle est saine.

Le coût des intempéries dépasse celui des attentats

Et pourtant, l’année 2016 n’est pas vraiment à marquer d’une pierre blanche pour le monde de l’assurance.

Il y a bien entendu les attentats du 22 mars 2016, dont le coût se chiffrait fin 2016 à quelque 116 millions d’euros pour l’ensemble du secteur de l’assurance, selon les dernières données d’Assuralia. "Un peu plus de la moitié de ces 116 millions concerne les dépenses réalisées dans le cadre de l’assurance accidents de travail, la plus impactée", a précisé à ce sujet Hans De Cuyper, le président d’Assuralia.

Les branches maladie, invalidité mais aussi responsabilité objective complètent les dépenses du secteur, moindres qu’anticipé dans un premier temps. Le secteur avait en effet provisionné 155 millions d’euros pour faire face à ses engagements.

Pour dramatiques qu’ils soient, les deux attentats du 22 mars ne sont pourtant pas les plus gros postes de dépense. De nouveau, la nature a eu quelques petits coups de folie.

A elles seules, les inondations de mai-juin de l’année dernière ont coûté 143,8 millions d’euros, pour un total annuel de 170,6 millions pour le poste inondations.

Le coût moyen d’un sinistre inondation a été de 6 742 euros, dont 5 328 euros pour les inondations de mai-juin.

Autre gros poste de dépense : la tempête de novembre, qui a globalement coûté 141,2 millions d’euros aux assureurs.

Sur l’ensemble de l’année 2016, la facture tempêtes/inondations globale a coûté 352 millions, pour un total de 102 654 sinistres.