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Les Bourses européennes ont fini en hausse jeudi, rassurées par l'annonce par la Banque centrale européenne (BCE) d'une réduction en douceur de son soutien à l'économie.

Cette dernière a engagé un virage monétaire en décidant la réduction de moitié, largement anticipée, de son imposant programme anti-crise en zone euro à partir de l'an prochain à 30 milliards d'euros par mois contre 60 mds auparavant.

Pour Carsten Brzeski, analyste chez ING, "la décision d'aujourd'hui est un changement radical mais très doux (...). En réalité, le recalibrage du +QE+ annoncé par la BCE montre que celle-ci veut commencer à sortir aussi prudemment que possible, idéalement sans voir l'euro s'apprécier ni les rendements obligataires augmenter".

Le président de la BCE Mario Draghi a souligné dans sa déclaration à la presse qu'"un degré élevé de stimulation monétaire demeure indispensable", reflétant la position d'équilibriste du patron de l'institution.

L'inflation en zone euro "n'est toujours pas" conforme à l'objectif de la BCE, soit un niveau inférieur mais proche de 2% l'an à moyen terme, justifiant le maintien d'une politique accommodante, a-t-il expliqué, insistant toutefois sur la "confiance croissante" dans les perspectives de croissance et d'inflation.

L'Eurostoxx 50 a gagné 1,27%

La Bourse de Paris a fini au plus haut en un an, l'indice CAC 40 gagnant 1,50% à 5.455,40 points, dans un volume d'échanges de 4,2 milliards d'euros.

Du côté des valeurs, STMicroelectronics a bondi de 11,68% à 19,79 euros après avoir plus que triplé son bénéfice au troisième trimestre.

TechnipFMC a grimpé de 5,69% à 22,37 euros, aidé par la révision à la hausse de certaines de ses prévisions annuelles.

Technicolor a pour sa part décollé de 15,41% à 3,07 euros après avoir confirmé ses objectifs pour 2017.

Ipsen a plongé à l'inverse de 6,08% à 105,90 euros, pénalisé par des ventes au troisième trimestre en dessous des estimations du marché.

DBV Technologies a aussi chuté (-6,91% à 41,11 euros), après un sondage de Jefferies selon laquelle des allergologues américains seraient moins susceptibles de prescrire son patch anti-allergène Viaskin Peanut.

Londres a pris 0,53%, l'indice FTSE-100 progressant de 39,29 points à 7.486,50 points.

Parmi les valeurs, le spécialiste des services éducatifs Pearson a bondi de 2,06% à 719,50 pence, la chaîne hôtelière InterContinental Hotels de 2,08% à 4.131,00 pence, le groupe de restauration Compass de 1,52% à 1.600,00 pence et le fabricant de tabac Imperial Brands de 0,78% à 3.148,50 pence.

La banque Barclays a en revanche lourdement chuté (-7,41% à 182,40 pence) malgré une hausse de son bénéfice au troisième trimestre.

Le secteur minier s'est ressaisi après ses pertes de la veille: Anglo American a gagné 1,17% à 1.431,50 pence, BHP Billiton 1,74% à 1.376,00 pence et Rio Tinto 1,97% à 3.565,50 pence.

A Francfort, l'indice Dax a fait un bond de 1,39%, à 13.133,28 points et le MDax des valeurs moyennes de 1,93% à 26.512,97 points.

Le fabricant de cosmétiques Beiersdorf (crème Nivea), s'envolait de 6,02% à 96,44 euros. Le réassureur Munich Re a gagné 4,21% à 194,25 eurosµ.

Deutsche Börse a progressé légèrement(+0,70% à 91,11 euros) après s'est séparé de son patron.

Les deux principales banques ont signé de mauvaises performances: Commerzbank a reculé de 0,62% à 12,09 euros et Deutsche Bank de 0,93% à 14,40 euros.

A la Bourse suisse, l'indice SMI a gagné 1,28% à 9.200,08 points.

L'horloger Swatch (-1,33% à 393,60 CHF) a été le seul perdant.

Le grand gagnant a été le réassureur Swiss Re, qui a bondi de 3,45% (94,35 CHF), entraînant dans son sillage Zurich Insurance (+2,60% à 303,90 CHF) et Swiss Life (+2,32% à 353,50 CHF).

Le groupe biopharmaceutique Lonza a gagné 3,12% (264,00 CHF) après avoir confirmé ses objectifs 2017.

Le groupe d'ingénierie ABB a gagné 2,26% (25,32 CHF), grâce à un bénéfice supérieur aux attentes.

Nestlé a progressé de 1,53% (82,80 CHF), Novartis de 0,99% (81,30 CHF) et Roche de 0,39% (229,80 CHF).

L'indice FTSE Mib de la Bourse de Milan a progressé de 1,61% à 22.807 points.

Campari a bondi de 3,32% à 6,685 euros et Enel de 3,32% à 5,29 euros.

Parmi les baisses, Moncler a reculé de 1,05% à 24,43 euros, Yoox-Net-A-Porter de 0,73% à 32,5 euros et Saipem de 0,63% à 3,444 euros.

A la Bourse de Bruxelles, l'indice Bel-20 a gagné 1,02%, à 4.089,70 points.

Parmi les valeurs dans le vert, le groupe de télécoms Telenet a enregistré la meilleure performance: +3,87% à 59,34 euros.

Le sidérurgiste Aperam, en baisse de 2,57%, à 45,38 euros, a moins bien tiré son épingle du jeu.

À Madrid, l'indice Ibex-35 a progressé de 1,92% à 10.347,8 points, au terme d'une séance marquée par l'espoir d'une solution à la crise en Catalogne, douché avant la clôture par l'annonce du président catalan qu'il ne convoquerait pas d'élections.

Makgré cela, les banques se sont bien tenues: Banco Santander a gagné 3,21% à 5,81 euros, BBVA 1,79% à 7,39 euros alors que les banques catalanes ont fini en hausse: CaixaBank +1,75% à 3,95 euros et Banco Sabadell +3,15% à 1,67 euros).

Inditex (Zara) a bondi de 2,88% à 31,48 euros, et Iberdrola de 2,45% à 6,74 euros.

Dia (distribution) signe la plus forte baisse (-3,91% à 4,15 euros), tout comme Telefonica (-0,55% à 8,80 euros).

L'indice AEX de la Bourse d'Amsterdam a clôturé en hausse de 1,18% à 547,67 points.

A la hausse, l'éditeur RELX Group a gagné 3,70% à 19,19 euros et le géant de l'agroalimentaire et des cosmétiques Unilever 3,43% à 48,85 euros.

A la baisse, le groupe de médias et télécoms Altice a perdu 4,38% à 16,47 euros et le groupe de biotechnologies Galapagos 0,60% à 82,75 euros.

Lisbonne a été la seule à finir dans le rouge, le PSI 20 cédant 0,22% à 5.402,15 points

Parmi les hausses, EDP-Energias a pris 1,25% (3,007 euros) et Ibersol 1,23% (12,35 euros).

Par contre, Jeronimo Martins a plongé de 2,40% à 15,45 euros et la banque BCP de 1,26% à 0,24 euro).

Forte détente des taux d'emprunts

Les taux d'emprunt en zone euro se sont fortement détendus jeudi après la décision de la Banque centrale européenne d'amorcer son virage monétaire tout en conservant un niveau élevé de soutien à l'économie, des annonces jugées accommodantes par le marché.

Conformément aux attentes, la BCE a indiqué qu'elle allait réduire le rythme des rachats de dette publique et privée, qui passeront de 60 milliards d'euros par mois à 30 milliards d'euros mensuels entre janvier et septembre 2018. L'institution de Francfort se ménage toutefois la possibilité d'augmenter de nouveau ce programme de rachats.

"L'annonce du rythme d'achats pour l'année prochaine correspond au consensus qui s'était formé ces dernières semaines. Mais le biais plus accommodant vient de l'accent mis par Mario Draghi (le président de la BCE, NDLR) sur les réinvestissements qui vont continuer et être importants", a expliqué à l'AFP Guillaume Rigeade, gérant allocation d'actifs et dettes souveraines chez Edmond de Rothschild Asset Management.

"Le marché a interprété cela comme +dovish+ (accommodant, NDLR)", analyse-t-il.

Dans le sillage de ces annonces perçues comme rassurantes par le marché, les investisseurs ont donc retrouvé le chemin du marché obligataire, les taux d'emprunt enregistrant une forte détente, particulièrement les dettes des pays du sud de l'Europe.

Par ailleurs, la BCE a conservé ses taux directeurs inchangés, le principal taux de refinancement des banques étant maintenu à zéro, tandis que le taux de dépôt reste fixé à -0,40%.

"En maintenant taux négatifs et achat d'actifs, la BCE restera l'une des banques centrales les plus accommodantes du monde en 2018", a analysé dans une note Nicolas Forest, directeur de la gestion obligataire de Candriam.

"Dans ce contexte, l'euro et les taux d'intérêt sont à la baisse (...) la BCE a aujourd'hui acheté du temps et de la visibilité, ce qui ne peut que satisfaire l'investisseur obligataire européen pour les prochains mois", a-t-il poursuivi.

A 18H00 (16H00 GMT), le taux d'emprunt à dix ans de l'Allemagne s'est fortement détendu à 0,415% contre 0,482% mercredi à la clôture du marché secondaire, où s'échange la dette déjà émise. Le rendement de même maturité de la France a suivi une trajectoire similaire, terminant à 0,823% contre 0,883%.

Le taux d'emprunt de l'Italie a enregistré un mouvement encore plus marqué à 1,950% contre 2,038% mercredi, tout comme celui de l'Espagne à 1,537% contre 1,646%.

En dehors de la zone euro, le taux britannique a pour sa part reflué à 1,384% contre 1,404%.

A la fermeture des marchés européens, aux États-Unis, le taux d'emprunt à dix ans était stable à 2,431%, à l'instar de celui à 30 ans, à 2,948% contre 2,940% tandis que le taux à deux ans s'établissait à 1,603% contre 1,595%.