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L'euro se repliait légèrement face au dollar en cours de séance new-yorkaise lundi, affaibli par des propos jugés prudents du président de la Banque centrale européenne tandis que la livre sterling restait suspendue au vote du Parlement britannique sur le Brexit.

Vers 20H00 GMT (21H00 à Paris), l'euro valait 1,1333 dollar, contre 1,1337 dollar vendredi à 22H00 GMT.

La monnaie unique a commencé à reculer lorsque Mario Draghi a, lors d'une audition au Parlement européen, estimé qu'il était nécessaire de poursuivre la politique de soutien monétaire afin de maintenir une inflation suffisante en zone euro.

"Ces propos n'ont rien de très nouveau mais ils ont été interprétés par le marché comme particulièrement prudents", a remarqué Sireen Harajli de Mizuho.

Après un indicateur montrant que le moral des entrepreneurs avait de nouveau baissé en novembre, "ils ont renforcé l'idée que la croissance connai(ssait) peut-être un coup de mou", a-t-elle ajouté.

L'euro avait plus tôt dans la journée profité d'un certain optimisme sur le dossier italien, alors que le vice-Premier ministre italien Luigi Di Maio s'est dit ouvert à une baisse du niveau de déficit par rapport à ce qui était initialement prévu.

Le chef du gouvernement italien Giuseppe Conte avait indiqué samedi soir que le pays avait l'espoir que le dialogue avec la Commission permettrait d'éviter des sanctions.

Cet apaisement entre Rome et Bruxelles, qui a rejeté le budget récemment présenté par l'Italie, "aide l'euro", selon Kit Juckes, analyste pour Société Générale.

De même, les acteurs de marché ont été rassurés par l'accord sur le Brexit scellé dimanche entre l'Union européenne et le Royaume-Uni après des mois de négociations.

Mais ce compromis doit encore recevoir le feu vert du Parlement britannique et "tant qu'on n'aura pas plus de clarté sur le sujet, les investisseurs resteront sur leurs gardes face à la livre britannique", selon Mme Harajli.

La Première ministre Theresa May a appelé lundi des députés britanniques plus que sceptiques à soutenir l'accord de divorce obtenu avec l'Union européenne lors du vote qui aura lieu le 11 décembre.

"Ces députés vont-ils accepter le texte? Theresa May va-t-elle rester Première ministre? Va-t-on avoir un second referendum? Il est très difficile de prédire quel scénario va prévaloir", a remarqué Mme Harajli.

Le dollar, généralement considéré comme une valeur refuge, avait de son côté pâti en début de séance d'un regain d'appétit pour le risque dans le sillage de la nette progression des Bourses, en Asie comme en Europe et à Wall Street, et du rebond des cours du pétrole.

Les investisseurs gardaient toutefois un oeil sur la réunion du G20 qui se tiendra vendredi et samedi à Buenos Aires et pourrait déboucher sur des avancées sur le front commercial entre Washington et Pékin.

Ils surveilleront par ailleurs la diffusion mercredi du compte-rendu de la dernière réunion du comité de politique monétaire de la Banque centrale américaine ainsi qu'un discours le même jour de son président Jerome Powell.

Vers 20H00 GMT lundi, le billet vert valait 113,62 yens, contre 112,96 yens vendredi à 22H00 GMT.

L'euro était en hausse face au yen à 128,76 yens pour un euro contre 128,06 yens vendredi soir.

Le franc suisse baissait face à l'euro, à 1,1321 franc suisse pour un euro lundi, contre 1,1311 vendredi, ainsi que face au billet vert, à 0,9990 franc suisse pour un dollar contre 0,9974 vendredi.

La monnaie chinoise a terminé à 6,9408 yuans pour un dollar, contre 6,9485 vers 15H30 GMT vendredi.

L'once d'or valait 1.222,22 dollars, contre 1.223,19 dollars vendredi à 22H00 GMT.

Enfin, le bitcoin s'échangeait pour 3.743,54 dollars, contre 4.260,57 dollars vendredi, selon des chiffres compilés par Bloomberg. Il a plongé sous 4.000 dollars dimanche soir avant de tomber lundi jusqu'à 3.522,58 dollars, son plus bas niveau depuis septembre 2017.