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Bond de l'euro, Bourses en hausse: les marchés financiers affichaient un soulagement lundi après les résultats du premier tour de l'élection présidentielle française, pariant sur une victoire du pro-européen Emmanuel Macron.

Les opérateurs financiers ont poussé lundi un énorme "ouf" de soulagement à l’annonce des résultats du premier tour de l’élection présidentielle française, ceux-ci signifiant, à leurs yeux, la fin de l’incertitude sur l’attitude du futur dirigeant à propos de la position du pays dans l’ensemble européen. Ceci s’est traduit par un bond impressionnant des valeurs du secteur bancaire en France, en Italie, mais aussi ailleurs en Europe, et par des achats massifs portant sur la plupart des valeurs de premier plan. A Paris, l’indice Cac 40 a enregistré sa plus forte hausse en pourcentage depuis août 2012, gagnant 4,14 % (209,65 points) à 5 268,85 points, son plus haut niveau en clôture depuis le 15 janvier 2008, dans des volumes représentant près de deux fois et demie leur moyenne des 90 dernières séances. Le Footsie britannique a pris 2,11 % et le Dax allemand 3,76 %, ce dernier inscrivant un record. C’est la Bourse de Milan, portée par les envolées de 6 à 12 % des banques locales qui a affiché la plus forte hausse du jour : +4,77 % ! Même l’indice MSCI mondial, qui regroupe 46 marchés développés et émergents, prenait 1,43 % après un plus haut historique.

Wall Street suit le mouvement

Et au terme de la journée boursière en Europe, les effets de cet apaisement de la tension dans le chef des gestionnaires de portefeuilles se sont répercutés sur la tendance des places de marché américaines, les indicateurs de tendance des actions américaines entamant la séance sur des progressions avoisinant le pour-cent. Partout, le retour des acheteurs a surtout fait chuter le niveau de volatilité des marchés, grâce au rééquilibrage de l’offre et de la demande. Ceci a aussi eu pour effet de peser sur les valeurs refuge, dont essentiellement l’once d’or qui a reculé d’un petit pour-cent à 1 275 dollars. Sur le front des changes aussi, l’euro, fragilisé par les craintes d’un éventuel "Frexit", a retrouvé les faveurs des cambistes et terminé la journée sur une avance de 1,15 % face au dollar, à 1,085 dollar pour un euro. La Bourse de Bruxelles a également bénéficié de la fin temporaire du suspense, l’indice Bel 20 s’adjugeant une avance de 3,11 % à 3 887 points, avec en tête des hausses du jour, ING Group qui a pris 6 %, devant KBC Group en hausse de 5,22 % à la fermeture du marché. Dans le monde des analystes financiers, on a évidemment apprécié la séance du jour, mais chez Robeco, les spécialistes ont tenu à souligner que l’hypothèse de la présidence de Macron, si elle permet de mettre de côté les inquiétudes sur la stabilité de la zone euro, implique aussi de s’interroger à moyen terme sur la manière dont ce dernier relèvera les défis qui l’attendent. Pour Anna Stupnytska, économiste chez Fidelity International, le rebond observé lundi est toutefois un peu prématuré. Elle a tenu à rappeler qu’"il est toujours possible que Le Pen remporte le second tour". Une réflexion qui risque de déclencher une correction à la baisse dans les jours à venir.