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La Bourse de New York, après plusieurs séances tumultueuses, a de nouveau été saisie jeudi par une grande fébrilité, faisant chuter ses indices vedettes de plus de 10% depuis les sommets atteints fin janvier. Le Dow Jones Industrial Average, qui regroupe 30 grands noms de Wall Street, a perdu 4,15%, ou 1.032,89 points, pour clôturer à 23.860,46 points. Depuis son record le 26 janvier, il a abandonné 10,35%.

Le S&P 500, qui regroupe les 500 plus grandes entreprises cotées aux Etats-Unis, a de son côté reculé de 3,75% à 2.581,00 points. Il a aussi dégringolé de 10,16% depuis son dernier record fin janvier.

Le Nasdaq, à forte coloration technologique, a lui lâché 3,90% à 6.777,16 points. "Les vendeurs ont clairement pris les manettes, toute l'ébullition qu'on a vu en janvier est désormais effacée", a remarqué Adam Sarhan de 50 Park Investment. "Le marché cherche une direction. Et tant que rien ne change, la tendance est à la baisse."

La déroute de Wall Street a été déclenchée la semaine dernière par une montée rapide du taux d'emprunt à dix ans des Etats-Unis. Après plusieurs mois d'euphorie boursière et sur fond d'amélioration de l'économie, les investisseurs se sont soudainement inquiétés d'une possible accélération de l'inflation et d'une remontée plus rapide que prévu des taux d'intérêt de la banque centrale américaine.

En cours de séance jeudi, ce taux d'emprunt a grimpé jusqu'à 2,882%, soit tout près de son niveau atteint lundi quand le Dow Jones a enregistré sa pire chute depuis 2011.

Aussi après avoir démarré près de l'équilibre, les indices ont peu à peu perdu de la vigueur avant d'accélérer leur débandade en fin de séance.

"Le marché des actions va continuer à évoluer comme cela (en dents de scie) sans que l'on sache quand cela va s'arrêter", a commenté Art Hogan, de Wunderlich Securities.

Dans les salles de marchés, l'ambiance "est plus à la frustration qu'autre chose", a-t-il ajouté. "Ce n'est pas vraiment de la panique (...) c'est une façon de tester jusqu'où on peut descendre."

Les investisseurs gardaient aussi un oeil sur Washington, où le Congrès doit voter sur un accord scellé mercredi par la majorité républicaine et l'opposition démocrate du Sénat sur les montants des budgets 2018 et 2019.

"La perspective de voir les dépenses de l'Etat augmenter a alimenté le mouvement de vente sur le marché des bons du Trésor", ont souligné les analystes de Briefing.