Placements / Marchés

Par Isabelle de Laminne, Responsable du blog www.moneystore.be


L’année 2017 aura été un bon cru pour le métal jaune. En effet, l’once d’or se traitait à 1.145 dollars en janvier et a atteint 1.331 dollars en septembre de cette année. L’évolution du cours de l’or est essentiellement influencée par deux facteurs : la force ou la faiblesse du dollar et le niveau des taux d’intérêt réels. « Quand le dollar baisse, le prix de l’or augmente car ce métal précieux est véritablement considéré comme une devise alternative. Le dollar a chuté de près de 12% depuis le début de l’année et le prix de l’once, qui est toujours exprimé en dollar, a augmenté de 15% sur la même période », explique Frank Vranken, Stratégiste chez Puilaetco Dewaay Private Bankers. Du côté des taux réels, c’est à dire les taux d’intérêt diminués du niveau de l’inflation, on a constaté une baisse de près de 0,3% depuis le début de l’année aux Etats-Unis. Cette diminution a été un facteur de soutien pour le métal jaune.

Pour l’instant, on assiste à la fin d’un cycle économique aux Etats-Unis et certains investisseurs détiennent davantage d’or en portefeuille. Ils reconstruisent leurs positions sur cet actif pour se prémunir d’éventuelles contrariétés sur les marchés. Faut-il dès lors investir en or aujourd’hui ? « L’or prend toute sa valeur en portefeuille quand on est confronté à des incertitudes. Avec le président Trump, les choses ne se passent pas vraiment comme on l’aurait cru. Il faut ajouter à cela des incertitudes au niveau géopolitique. Détenir de l’or en portefeuille est donc opportun », estime Frank Vranken. Ce stratégiste préconise de se positionner sur des ETF physiques plutôt que sur des lingots. Les ETF sont plus faciles à acheter, à vendre et n’entrainent pas de difficulté de stockage. Rappelons aussi que l’or est un placement qui ne rapporte ni coupons ni dividendes. Son cours est volatil et l’investisseur est à la merci uniquement de l’évolution de son prix.

En marge de ce placement, il est aussi possible de se positionner sur d’autres métaux. Dans cette classe d’actifs, il convient de distinguer les métaux précieux que sont l’or, l’argent, le palladium et le platine. Ensuite viennent les métaux rares tels que le lithium, le graphite, le cobalt ou le manganèse. Nous connaissons tous les métaux de base que sont le cuivre, le fer, le nickel ou l’acier. « En-dehors de l’or, les cours de tous les métaux qu’ils soient précieux, rares ou de base sont influencés par le niveau de la croissance économique, par les cycles économiques. Dans ce cadre, la Chine joue un rôle prédominant en tant que grand consommateur de métaux », ajoute Frank Vranken. En effet, la Chine consomme 50% de la production du fer dans le monde et près de 40% des productions de nickel, d’acier et de cuivre. La demande de ce pays pour les métaux a véritablement explosé entre 2005 et 2010.

Le marché des métaux connaît une très forte volatilité même si, aujourd’hui, malgré une demande soutenue, les entreprises minières ne fonctionnent pas en surcapacité. Les prix sont donc bien soutenus. Pour entrer sur ce marché, il convient cependant de privilégier l’investissement dans les entreprises minières plutôt que dans des trackers sur matières premières. Ces derniers sont construits de façon souvent complexe, sur base de contrats de gré à gré qui supposent un risque de contrepartie que ne peuvent pas toujours bien appréhender les investisseurs néophytes. Rappelons enfin que l’investissement dans les métaux et l’or ne peut s’envisager que dans le cadre d’une diversification du portefeuille car la volatilité de ces actifs est importante.