Placements / Marchés

Un article d'Isabelle de Laminne, responsable du blog MoneyStore.

Les offres en investissements durables sont de plus en plus présentes sur le marché. Cependant, il reste encore à convaincre les investisseurs. NN Investment Partners a mené une enquête sur 2.167 personnes actives pour analyser leur sensibilité à la durabilité. On entend par durabilité tous les aspects environnementaux, sociaux et de gouvernance qui favorisent un mode de vie durable et responsable. Cette notion englobe donc un ensemble de critères qui vont de la protection de l’environnement, au respect des droits sociaux en passant par l’instauration d’une bonne gouvernance. Alors que 80% des personnes interrogées se disent concernées par ces aspects, la moitié d’entre elles estiment qu’adapter son mode de vie à ces critères durables a un coût.

De plus, les Belges accordent surtout de l’importance aux critères environnementaux et considèrent que cet aspect est essentiellement du ressort des pouvoirs publics. De ce fait, la majorité d’entre eux ne prend pas ses responsabilités au niveau individuel dans cette sphère. Les Belges ont majoritairement un comportement plus durable qu’il y a 5 ans mais ce comportement s’applique surtout au tri des déchets ménagers, à la diminution de la consommation d’eau et d’énergie et à l’achat de produits locaux. Autre fait marquant : la sensibilité aux aspects durables augmente avec l’âge et les revenus. « L’enquête démontre que la perception de ce mode de vie plus durable exige des efforts et a un coût. Cela confirme que les moyens financiers jouent un rôle important dans l’attitude à l’égard de la durabilité », explique Didier Devresse, Head of sales & marketing chez NNIP Belgique.

Et qu’en est-il des investissements durables ? Dans cette sphère, il est montré que les Belges ont une connaissance plutôt limitée en matière d’investissement durable. Il faut donc poursuivre les efforts en matière d’éducation à la fois des investisseurs et des conseillers en placement. 70% des personnes sondées estiment que les institutions financières s’intéressent trop peu à cet aspect. « Mais l’enquête démontre que le mode de pensée durable est réparti dans toute la population et ceux qui investissent dans ces produits le font pour contribuer à un monde meilleur. Certains attendent aussi de cet investissement un rendement plus élevé », constate Didier Devresse.

Comment peut-on améliorer la sensibilité des Belges aux placements durables et responsables ? Les chiffres de l’enquête démontrent que plusieurs institutions financières laissent passer des opportunités d’offrir ces produits alors que la moitié des sondés s’attendent à une hausse des stratégies durables dans leur portefeuille au cours des cinq prochaines années. On peut donc améliorer l’offre en sensibilisant davantage les investisseurs à ces facteurs. Mais il faudra aussi leur avancer les preuves de durabilité de ces investissements. « Les investisseurs aimeraient aussi un soutien des pouvoirs publics dans ce domaine avec un avantage fiscal comme celui proposé par l’épargne-pension, par exemple », ajoute Didier Devresse. Il faut aussi que ces investissements puissent prouver qu’ils dégagent des performances comparables à celles des investissements classiques. Le secteur financier peut donc susciter la demande grâce à une offre cohérente, sur base de critères de durabilité tangibles qui permette de convaincre les investisseurs de se positionner dans cette classe d’actifs.