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Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), le marché du pétrole risque de connaître une période agitée à l’horizon 2021-2022. Si les grandes "majors" ne valident pas rapidement de nouveaux investissements dans des gisements pétroliers, l’offre mondiale de brut aura des difficultés à rencontrer la demande après 2020. Selon l’AIE, cette situation pourrait provoquer une forte volatilité des prix.

Pourquoi ? Aujourd’hui, l’offre mondiale de brut est supérieure à la demande, ce qui fait pression sur les prix. D’ici 4 à 5 ans, cette situation pourrait s’inverser. Touchées de plein fouet par la chute des cours de l’or noir, les "majors" ont drastiquement coupé dans leurs investissements : après la chute de 25 % observée en 2015, les investissements ont encore reculé de 26 % en 2016 : cela présente une coupe gigantesque de 433 milliards de dollars !

Ces coupes se traduiront par une croissance insuffisante de l’offre mondiale de pétrole après 2020. L’AIE anticipe une croissance de la production de 5,6 millions de barils par jour (bpj) à l’horizon 2021-2022. Dans le même temps, la consommation de pétrole devrait bondir de 7,3 millions de bpj.

Ce déficit de production aura inévitablement un impact à la hausse sur les prix pétroliers. "Nous ne pouvons cependant pas dire avec quelle vigueur les prix vont remonter", indique l’organisation basée à Paris.

La production américaine sous-estimée ?

Ces dernières années, les producteurs américains de pétrole de schiste ont déjoué les pronostics en résistant mieux que prévu à la chute des prix pétroliers. Au Texas, de nombreux projets sont maintenant rentables à 50 dollars le baril.

Certains spécialistes estiment que l’AIE continue à sous-estimer la production américaine dans ses prévisions. Dans son scénario, l’agence prévoit une croissance de la production de pétrole de schiste de 1,4 million de bpj d’ici la fin 2022.

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