Placements / Marchés

Par Isabelle de Laminne, Responsable du blog www.moneystore.be

A quoi peut-on s’attendre sur le front économique pour la deuxième moitié de 2018 ? Les prévisions macroéconomiques doivent être revues en fonction de nouveaux éléments tels que les guerres commerciales déclarées par Donald Trump. « A un moment, on aurait pu penser que le président des Etats-Unis allait atténuer ses propos, mais il a de nouveau durci le ton et, aujourd’hui, l’Europe et le Japon sont les principales victimes de ces tensions commerciales », explique Vincent Juvyns, Stratégiste chez J.P. Morgan AM.

Si la tendance à la croissance reste bonne, les risques de ralentissement ont sérieusement augmenté ces derniers mois. Aujourd’hui, la Chine reste le premier contributeur de la croissance mondiale devant l’Inde et les Etats-Unis en troisième position. Les indicateurs économiques avancés affichent un ralentissement mais restent cependant globalement solides. En ce qui concerne l’inflation, elle reste encore trop basse en Europe face aux objectifs de la BCE.

Le risque économique a été accentué par la relance des guerres commerciales. Au début, il était surtout question de guerre des mots mais, récemment, la situation s’est détériorée et pourrait avoir un impact sur de nombreux secteurs tels que l’acier, les importations et exportations de voitures ou de composants automobiles.

Mais au-delà de ces tensions commerciales, la question principale qui se pose aujourd’hui est de savoir si, après 9 ans d’expansion, l’économie américaine ne va pas s’essouffler. « Après 107 mois d’expansion, nous ne voyons cependant pas de signes de récession aux Etats-Unis. Les chiffres des dépenses d’investissement et de la croissance de la productivité sont même plutôt encourageants », note Vincent Juvyns. Ce stratégiste ne voit pas de risque imminent sur l’économie américaine à court terme. Quant à l’Europe, elle a souffert récemment de plusieurs incertitudes liées aux tensions commerciales, à l’issue finale du Brexit et à la crise politique en Italie. On ne prévoit pas de rebond de la croissance européenne avant la fin de l’année. « L’Europe est pour le moment dans un environnement fragile donc nous avons baissé notre pondération sur cette région en portefeuille », ajoute Vincent Juvyns.

Par ailleurs, après un bon début d’année, le défi pour les investissements en obligations est de taille surtout pour les obligations à maturités longues. On pourrait avoir atteint un point d’inflexion sur ce marché et les prochains mois pourraient être plus difficiles pour ces marchés avec des investisseurs moins enthousiastes que par le passé. « Il faudra être particulièrement prudents dans la gestion des durations. Les rendements attendus en obligations libellées en euro high yield sont les plus élevés dans cette classe d’actifs », estime ce stratégiste. Cette maison de gestion reste optimiste sur les marchés d’actions avec un biais positif vers les financières et les marchés émergents.

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